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Neoen va passer sous pavillon canadien / Une opération de 6,1 milliards d’euros

Visé par une OPA amicale du fonds canadien Brookfield, Neoen devrait quitter la Bourse de Paris d’ici au début de 2025, dans le cadre d’une opération de 6,1 milliards d’euros cristallisant la success story boursière du producteur français d’énergies renouvelable fondé en 2008. L’expertise, l’expérience et l’accès au capital de Brookfield doivent lui permettre de continuer à accélérer sa croissance.
Xavier Barbaro, fondateur et président-directeur général de Neoen - AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH
Xavier Barbaro, fondateur et président-directeur général de Neoen - AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH

Le premier producteur indépendant français d’énergies exclusivement renouvelables devrait prochainement passer sous pavillon canadien. La société dirigée par Xavier Barbaro est en effet dans le viseur du fonds Brookfield basé à Toronto, qui souhaite en prendre le contrôle. Il vient, dans ce but, d’entrer en négociations exclusives avec les actionnaires clés de Neoen : Impala bien sûr, le fonds d’investissement de Jacques Veyrat, actionnaire de la première heure et premier actionnaire avec 42,2 % du capital de Neoen à fin 2023, mais aussi le Fonds Stratégique de Participations des assureurs français (6,9 %), ainsi que Cartusia, le véhicule d’investissement du fondateur et patron de l’entreprise (0,8 %), Xavier Barbaro, qui possède lui-même des parts avec les membres de sa famille (0,5 %). Sans oublier les fonds Céleste Management (2,5 %) et Mosca Animation Participations & Conseil (0,55 %).

Au total, Brookfield projette donc d’acquérir environ 53,32 % du capital, de manière amicale, le fonds s’étant assuré au préalable du soutien du conseil d’administration de Neoen, qui a accueilli favorablement et à l’unanimité sa proposition lors d’une réunion qui s’est tenue le 29 mai. Sa proposition, chiffrée à 39,85 euros par action, représente une prime de 26,9 % par rapport au dernier cours de clôture (de 31,40 euros), et de 40,3 % et 43,5 % respectivement sur le cours moyen sur trois et six mois. De quoi convaincre les autres actionnaires, puisque sous réserve de la réalisation de l’acquisition du bloc de 53,32 % détenu par les actionnaires clés, Brookfield déposerait une offre publique d’achat obligatoire (OPA) en numéraire pour toutes les actions restantes (et les obligations convertibles) en circulation de Neoen. Dont Bpifrance, entré en 2014 au capital, et qui en détient 4,4 % via le fonds ETI 2020.

 

Prime de valorisation

 

Pour 100 % des actions, l’offre de Brookfield implique une valorisation de 6,1 milliards d’euros. Et au regard d’un multiple de valeur d’entreprise sur Ebitda de 19,5 fois et d’un ratio cours sur bénéfices de 63,6 fois pour 2024, "les primes sont en ligne avec la moyenne des dernières opérations sur des sociétés cotés sur la période 2021-2024", observe le cabinet Oddo BHF. Afin d’attester du caractère équitable des conditions financières de l’OPA projeté par Brookfield, le conseil d’administration de Neoen a nommé Finexsi en tant qu’expert indépendant. Restera à obtenir ensuite les autorisations réglementaires, d’ici le quatrième trimestre 2024 pour permettre le lancement de l’offre publique d’achat lancée au premier trimestre 2025.

Si l’opération est réussie, elle marquerait une troisième grande étape de la vie de l’entreprise créée en 2008 par Xavier Barbaro, introduite en Bourse en 2018, dont l’ascension a été fulgurante. Multipliées par six au cours des six dernières années, ses capacités en opération ou en construction dépassent aujourd’hui 8,3 gigawatts (GW), avec plus de 10 GW visés à la fin 2025. Neoen a d’ailleurs procédé l’an dernier à une augmentation de capital de 750 millions d’euros afin d’accélérer sa croissance. La société compte parmi ses principaux actifs le plus puissant parc solaire de France, à Cestas, le plus grand parc éolien de Finlande, l’une des centrales solaires les plus compétitives au monde au Mexique, ainsi que deux des plus grandes centrales de stockage à grande échelle au monde, basées en Australie.

 

L’attrait du secteur

 

L’arrivée à son capital de Brookfield lui permettrait de franchir un nouveau palier. Brookfield est un géant du secteur au travers de sa filiale Brookfield Renewable. Celle-ci exploite un portefeuille diversifié à l’échelle internationale d’actifs opérationnels d’énergie renouvelable générant près de 34 GW, pour un pipeline de développement estimé à environ 157 GW et est active en France depuis 2015 avec plus de 23 milliards d’euros investis. Le changement d’actionnaire n’a d’ailleurs pas pour but de modifier de modifier le management de l’entreprise, mais de lui apporter des ressources supplémentaires. "Avec le soutien financier de ce nouvel actionnaire et le talent de Xavier Barbaro et de ses équipes, Neoen va pouvoir continuer sa trajectoire de croissance.", a ainsi souligné Jacques Veyrat.

Une bonne nouvelle, donc, pour Neoen, et une moins bonne pour la Bourse de Paris qui devrait perdre l’une de ses success story. L’opération donne d’ailleurs des idées aux investisseurs, l’action du concurrent Voltalia, s’envolant jeudi de 14 %, à 10,40 euros. De fait, comme le remarquent les analystes d’Octo Finances, "cette nouvelle acquisition d’un producteur d’énergie renouvelable démontre l’attrait du secteur". L’offre de Brookfield sur Neoen intervient après celles d’Antin Infrastructures Partners sur le développeur d’énergies renouvelable espagnol Opdenergy (validée en février par le régulateur) et de KKR (soumise en mars) sur l’exploitant allemand de parcs éoliens et solaires Encavis.

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