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Neoen / énergie renouvelable / éolien / solaire
Neoen montera-t-il jusqu’au ciel ?
Neoen marque une pause dans son histoire d’amour avec les investisseurs. Après avoir monté quasiment sans discontinuer depuis son introduction en Bourse en octobre 2018 et avoir atteint un sommet historique début septembre à 48,50 euros à la clôture du 2 septembre, l’action du producteur d’énergie renouvelable a entamé une baisse que ses résultats semestriels publiés jeudi matin, pourtant en forte croissance, n’ont pas inversée : le titre a chuté de plus de 3 % hier jeudi et reculait encore près de 1,4 % ce matin. En un mois, il a perdu 6,25 %.
L’Ebitda de Neoen a bondi de 58 % au premier semestre et atteint 148,2 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 157,2 millions (+33 %), issu à 47 % d’installations solaires, à 37 % d’éoliennes et 16 % d’activités de stockage. Le résultat net a progressé de 32 %, à 22 millions d’euros.
Le bond de l’Ebitda, supérieur aux anticipations de marché, doit être relativisé : ce solde intermédiaire bénéficie de l’augmentation des compensations contractuelles pour pertes de revenus liées aux retards de mise en service de certains projets – compensations qui sont directement versées à l’Ebitda. Ces retards ne sont que partiellement liés à la pandémie (mais à un retard d’homologation dans le cas par exemple de la ferme éolienne de Bulgana en Australie). "La marge d’Ebitda de Neoen a vocation à se situer autour de 80 % du chiffre d’affaires, non pas 94 % comme cela a été le cas au premier semestre", a expliqué Xavier Barbaro, directeur général de Neoen. Une normalisation de l’Ebitda devrait donc avoir lieu, mais pas nécessairement dès le second semestre, a précisé le dirigeant.
La croissance de l’activité s’explique essentiellement par la montée en puissance des sites de production mis en service en 2019 et au premier semestre 2020, ainsi que par une vigueur exceptionnelle de l’activité de stockage au premier trimestre en Australie – activité qui prend de plus en plus d’importance dans le modèle économique de Neoen.
En revanche, la Covid va affecter le second semestre. Le groupe a resserré à la baisse son objectif d’Ebitda pour l’année 2020 : au lieu d’une fourchette comprise entre 270 à 300 millions d’euros, il prévoit désormais entre 270 et 285 millions, pour une marge supérieure à 85 %. En cause : un retard dans la mise en service de certains projets en raison de la pandémie, ainsi que des conditions climatiques défavorables observées en Australie (où Neoen réalise 44 % de ses revenus) et en Europe au troisième trimestre.
Globalement, la situation et le positionnement de Neoen sont donc enviables : pour un investisseur, la société est stratégiquement positionnée sur la décarbonation de l’économie, priorité des pouvoirs publics, et incontournable dans son secteur en Europe au regard de ses performances, mais aussi de sa capitalisation boursière (3,67 milliards d'euros) et de son intégration à l’indice SBF 120 depuis le mois de juin – deux qualités qui la placent sur les radars de maints gérants. En outre, elle porte une dimension spéculative, puisque, comme le remarquent les analystes d’Oddo BHF, "Impala (Jacques Veyrat) détient 50 % du capital et a déjà optimisé dans le passé la valeur patrimoniale de ses deux entreprises en cédant le contrôle de Neuf/Cegetel et de Direct Energie".
La baisse de son action ces derniers jours peut donc surprendre. Mais elle est précisément victime du statut privilégié dont elle a joui depuis sa cotation, en ayant quasiment jamais connu de période de baisse, à part le franc décrochage début mars lié au confinement – qu’elle a déjà plus que compensé puisqu’elle affiche une hausse de plus de 38 % depuis le début de l’année ! "Bien que nous considérions Neoen comme un ‘must have’, les niveaux de valorisation atteints aujourd’hui empêchent toute création de valeur raisonnable pour un prédateur", argumente Oddo BHF, contrebalançant ainsi la dimension spéculative potentielle du titre. Les analystes de Barclays perçoivent ainsi "de meilleures valeurs relatives ailleurs dans le domaine de l'énergie ".
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