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La transition énergétique devra répondre à la hausse de la demande d’électricité / Boom indispensable des énergies renouvelables attendu
"Le secteur de l’électricité produit actuellement plus d’émissions de CO2 que tout autre secteur de l’économie mondiale". Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a insisté ces derniers jours sur l’importance de répondre à la hausse de la demande d’électricité, induite par la transition énergétique, par des sources d’énergie à faible émission.
Le nouveau rapport qu’y consacre l’AIE argue effectivement que " toute la demande supplémentaire (d’électricité ndlr) devrait être couverte par des technologies produisant de l’électricité à faible taux d’émission". Les prévisions de l’institution sur ce point précis sont plutôt optimistes ; elle s’attend à ce que "les sources à faibles émissions devraient représenter près de la moitié de la production mondiale d’électricité d’ici 2026, contre un peu moins de 40 % en 2023 ". Une montée en gamme qui est d’autant plus complexe que l’appétit pour l’électricité promet d’être inégalement répartie sur le continent.
Nouveau paradigme
La fracture géographique semble effectivement consommée avec d’un côté une croissance mondiale de la demande d’électricité qui "s’est légèrement ralentie […] en 2023 en raison de la baisse de la consommation d’électricité dans les économies avancées", un constat étayé par le fait qu’environ "85 % de l’augmentation de la demande mondiale d’électricité jusqu’en 2026 devrait provenir de l’extérieur des économies avancées, notamment de la Chine, de l’Inde et des pays d’Asie du Sud-Est". En ce qui concerne la demande d’électricité dans l’Union européenne, il est avancé qu’elle a diminué pour la deuxième année consécutive en 2023, et également "qu’elle ne devrait pas retrouver les niveaux d’avant la crise énergétique mondiale, avant 2026 au plus tôt ".
Pour autant, il n’est pas encore évoqué une réduction des efforts d’une partie du globe, au contraire puisque si "d’ici 2025, la production d’électricité nucléaire devrait également atteindre un niveau record au niveau mondial", elle s’expliquerait "grâce à l’augmentation de la production en France, à la remise en service de plusieurs centrales au Japon et à la mise en service commerciale de nouveaux réacteurs sur de nombreux marchés, notamment en Chine, en Inde, en Corée et en Europe". Des efforts combinés qui aboutiraient à ce que la part des combustibles fossiles dans la production mondiale passe sous la barre des 60 %, pour la première fois en plus d’un demi-siècle.
Changer de braquet
Une dynamique prometteuse qui n’empêche pas l’AIE d’appeler à davantage d’efforts. Elle juge qu’il "faudrait que l’électrification progresse beaucoup plus rapidement dans les années à venir". Puisque si l’électricité représentait 20 % de la consommation finale d’énergie en 2023, contre 18 % en 2015, ce rythme reste encore faible.
Un continent retient particulièrement l’attention de Fatih Birol ; ce dernier proclamant que "la consommation d’électricité est un indicateur clé du développement économique de tout pays, et il est inquiétant de constater qu’elle stagne en Afrique par habitant depuis plus de trente ans". Il espère que le sujet sera pris au sérieux par l’ensemble de la communauté internationale
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