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Transition énergétique ; Charbon ; Carbone ; CO2 ; Energie renouvelable ; FMI ; Taxe carbone

Environnement / transition énergétique / charbon / énergie renouvelable / fmi

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Fin du charbon : une manne financière inattendue

Selon certains économistes du FMI, l’abandon progressif du charbon ne serait pas seulement une question de nécessité afin de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré mais aussi une source de gains économiques et sociaux considérables. Leur récente publication chiffre le bénéfice d’une telle mesure à 78 000 milliards de dollars.
Eric PIERMONT / AFP
Eric PIERMONT / AFP

Dans un contexte de guerre en Ukraine accompagnée d’une hausse généralisée des prix de l’énergie, le Fonds monétaire international (FMI) publie un document de travail à la conclusion pour le moins surprenante. Adrian, Bolton et Kleinnijenhuis, les économistes à l’origine de cette étude estiment que le monde pourrait gagner 78 000 milliards de dollars d’ici à 2100 en remplaçant progressivement le charbon par des énergies renouvelables. Ce gain représenterait environ 1,2 % du PIB mondial actuel chaque année jusqu’à la fin du siècle.

 

Quel prix du carbone ?

 

Pour leur estimation de base, les auteurs de l’étude ont considéré un coût social du carbone de 75 dollars par tonne de CO2, correspondant aux estimations les plus basses de la littérature. Le bénéfice de 78 000 milliards de dollars découlant de la disparition progressive du charbon se calcule alors comme le coût social du carbone multiplié par la quantité d’émissions évitées auxquels sont retranchés les coûts d’élimination du charbon et de son remplacement par des énergies vertes. Avec des estimations moins prudentes, ce résultat pourrait presque tripler : par exemple, pour une estimation plus audacieuse de 168,4 dollars par tonne de CO2, "l'arbitrage carbone" passerait de 78 000 à 211 000 milliards de dollars.

"Nos recherches montrent que l'arrêt de l'utilisation du charbon ne doit pas être considéré comme trop coûteux, car il procure des avantages économiques liés à la réduction des émissions de carbone, notamment en évitant les dommages causés aux infrastructures par le changement climatique. Les investissements dans les énergies renouvelables soutiennent également la croissance économique et offrent des avantages supplémentaires liés à l'innovation", souligne le rapport.

 

Un financement public et privé

 

Au niveau mondial, le coût d’une telle mesure devrait s’élever à environ 29 000 milliards de dollars. Cela représenterait entre 500 et 2 000 milliards par an, avec un investissement initial de 3 000 milliards au cours de la décennie, constituant un défi majeur en matière de financement. Les auteurs de l’étude proposent ainsi un financement mixte où le secteur privé financerait lui-même une majeure partie de la transition avec un financement public à hauteur de 10 % qui permettrait de réduire le risque pour les entreprises.

Cette manière coasienne (en référence à l'économiste Ronald Coase) d’internaliser les externalités négatives par le biais du marchandage et de la contractualisation permettrait selon l’étude d’accélérer la transition énergétique tout en complétant une approche plus pigouvienne (en référence à l'économiste Arthur Pigou) de taxation des émissions de carbone, selon le principe bien connu de la taxe carbone. "Il est clair que les deux approches sont nécessaires pour une stratégie mondiale de lutte contre le changement climatique", conclut le rapport.

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