Macro-économie / Taux / charbon / Economie mondiale / Période de transition
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charbon / Economie mondiale / Période de transition
Cet insoluble besoin de charbon / L’économie mondiale n’arrive pas à s’en passer, bien au contraire
"Nous avons besoin d’efforts politiques et d’investissements plus importants - soutenus par une coopération internationale plus forte - pour stimuler une augmentation massive des énergies propres et de l’efficacité énergétique afin de réduire la demande de charbon dans les économies où les besoins en énergie augmentent rapidement". Keisuke Sadamori, directeur des marchés de l’énergie et de la sécurité à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), appelle à lutter contre un phénomène qui stimule fortement la demande de charbon : la croissance d’économies à l’utilisation faible ou inexistante d’énergies propres.
Cette dynamique n’est pas pour rien dans les faits rapportés par un récent rapport l’AIE, ce dernier précise que "la consommation mondiale de charbon a atteint un nouveau record en 2022 et restera proche de ce niveau record cette année, la forte croissance en Asie pour la production d’électricité et les applications industrielles dépassant les baisses aux États-Unis et en Europe. Des constats qui s’appuient sur la dernière mise à jour du marché de l’institution ; celle-ci fait état d’une "consommation de charbon en 2022 [qui] a augmenté de 3,3 % pour atteindre 8,3 milliards de tonnes, établissant ainsi un nouveau record ".
Tiraillé
Deux forces contraires sont à l’origine de cette hausse, les équipes de Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, arguent qu’en "2023 et 2024, la légère baisse de la production d’électricité à partir du charbon devrait être compensée par l’augmentation de l’utilisation industrielle du charbon, prévoit le rapport, bien qu’il y ait de grandes variations entre les régions géographiques".
De bonnes nouvelles sont observés au niveau régional avec une "demande de charbon [qui] a chuté plus rapidement que prévu au premier semestre de cette année aux États-Unis et dans l’Union européenne - de 24 % et 16 %, respectivement". Cependant dans le même temps "la demande des deux plus grands consommateurs, la Chine et l’Inde, a augmenté de plus de 5 % au cours du premier semestre, ce qui a plus que compensé les baisses enregistrées ailleurs". Du côté de l’AIE on assiste impuissant à un "déplacement de la demande de charbon vers l’Asie [qui] se poursuit". Là où il y a deux ans les deux géants asiatiques "représentaient déjà les deux tiers de la consommation mondiale", ce chiffre se rapproche cette année des 70 %.
Les bons élèves
A contrario, l’institution souligne les importants efforts tant des États-Unis que de l’Union européenne, puisque là où ensemble, ils pesaient 40 % au niveau planétaire il y a trente ans, c'est aujourd’hui moins de 10 %. Keisuke Sadamori explique dans la présentation du rapport que "le charbon est la plus grande source d’émissions de carbone du secteur de l’énergie, et en Europe et aux États-Unis", et qu’ainsi "la croissance des énergies propres a entraîné un déclin structurel de l’utilisation du charbon ".
De quoi faire dire à l’AIE que "l’utilisation du charbon en Europe devrait chuter fortement cette année en raison de l’expansion des énergies renouvelables et de la reprise partielle de l’énergie nucléaire et de l’hydroélectricité". Difficile d’être résolument optimiste au vu de la situation en Asie où "la demande des deux plus grands consommateurs, la Chine et l’Inde, a augmenté de plus de 5 % au cours du premier semestre, ce qui a plus que compensé les baisses enregistrées ailleurs". Le jour où les deux mastodontes feront leur révolution sonnera le glas du charbon mais il n’est peut-être pas près d’arriver.
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