Macro-économie / Taux / Union européenne / charbon / Russie / embargo / Conflit Russo-ukrainien
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Union européenne / charbon / Russie / embargo / Conflit Russo-ukrainien
L’Union européenne se passera du charbon russe
De nouveau, l’Union européenne (UE) sanctionne la Russie pour la guerre qu’elle mène à l’Ukraine. Dans la foulée de la découverte d’un charnier à Boutcha, ville située près de Kiev, les Vingt-Sept se sont accordés pour pénaliser davantage l’économie russe. "Les quatre trains de sanctions ont durement touché et limité les options politiques et économiques du Kremlin. Nous voyons des résultats tangibles. Mais il est clair que, compte tenu des événements, nous devons encore accroître notre pression", a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Alors que de nombreuses voix s’élevaient depuis quelques jours pour frapper très durement le secteur des énergies fossiles, les pays de l’Union se sont notamment entendus pour cesser toute importation de charbon en provenance de Russie, à l’occasion de cette cinquième vague de sanctions qui comprend également, entre autres, de nouvelles interdictions ciblées d'exportation, d'une valeur de 10 milliards d'euros, dans des secteurs "où la Russie est vulnérable [les ordinateurs quantiques et les semi‑conducteurs avancés, mais aussi les machines sensibles et les équipements de transport, a précisé la Commission]".
L'embargo sur le charbon représente une perte de recettes de quatre milliards d'euros par an pour la Russie, affirme Bruxelles, les importations européennes représentant 25 % de ses exportations totales de charbon – en face, l’UE importe 40 % de son charbon depuis la Russie. Rappelons que 12 % de la consommation intérieure brute d’énergie des Vingt-Sept est composée de charbon. Tous les pays de l’UE ne sont pas exposés identiquement aux importations de cette énergie fossile – ce qui n’implique pas nécessairement que les pays les plus exposés soient les plus contraints en termes de consommation d’énergie étant donné que le charbon peut avoir un poids très faible dans leur mix énergétique.
Ainsi, Chypre, la Croatie, la Bulgarie, l’Estonie ou encore la Lituanie importent la quasi-intégralité de leur charbon depuis la Russie, d’après la cartographie réalisée par les économistes de BNP Paribas. Le chiffre tombe aux alentours de 40 % pour certaines des plus grosses économies de l’Union (Allemagne, Pays-Bas, Italie), dont "seulement" un quart pour la France et un tiers pour l’Espagne. Toutefois, si l’on prend en compte le mix énergétique des différentes économies, la Pologne et la Bulgarie sont de très loin les plus affectées par cette décision : un quart de leur consommation intérieure d’énergie brute provient du charbon russe, contre 0,74 % pour l’Hexagone.
Le pétrole et le gaz pourraient être les prochaines énergies fossiles à faire l’objet d’un embargo de la part des Vingt-Sept. A noter que depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, l’Union européenne aurait versé 27,8 milliards d’euros à la Russie pour lui acheter des énergies fossiles, selon un système de comptage en temps réel mis au point par le CREA (Center for Research on Energy and Clean Air) : 764 millions d’euros de charbon, 9,6 milliards d’euros de pétrole et 17,4 milliards d’euros de gaz.
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