Macro-économie / Taux / FAO / céréales / embargo / Russie
Macro-économie / Taux
FAO / céréales / embargo / Russie
Une inflation alimentaire plus complexe qu’il n’y paraît / La guerre en Ukraine n'en est pas la seule responsable
La détente sur le front alimentaire fait son chemin. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) le confirme par les baisses successives de son indice des prix des produits alimentaires. Cependant certaines denrées restent davantage sous pression que d’autres et les États membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) demeurent prudents.
La guerre en Ukraine n’est de fait pas leur seule crainte, l’OMC vient dans une récente note sur "l’évolution de la politique commerciale après un an de guerre en Ukraine ", d’avancer qu’il "semblerait que le lien direct initial entre la guerre et la mise en œuvre des restrictions à l’exportation soit désormais moins évident. " La baisse des prix dépend en effet non seulement de la production à venir mais également de la levée des différentes barrières légales.
Poupées russes
L’imbrication des problématiques ne fait aucun doute aux yeux de l’OMC, ainsi "les restrictions à l’exportation actuellement en vigueur couvrent environ 85 milliards de dollars du total des exportations mondiales ". Toutes ces mesures ne sont certes pas liées directement au conflit ukrainien, et ce "bien que l’augmentation des restrictions à l’exportation de denrées alimentaires et d’engrais depuis le début de la guerre en Ukraine soit liée aux turbulences sur les marchés internationaux."
L’organisation dirigée par Qu Dongyu se refuse donc à désigner une seule et unique source à l’origine de ces choix protectionnistes puisqu’elle les attribue aux " multiples crises interconnectées découlant de la diminution des rendements agricoles due aux effets néfastes du changement climatique, de la pandémie de COVID-19, de la hausse des coûts énergétiques et de l’inflation ainsi que d’une crise alimentaire persistante et croissante."
La FAO, quant à elle, voit que la "vive concurrence entre les pays exportateurs a contribué au plafonnement de la hausse des prix." Elle anticipe ainsi que la récolte de blé serait avec 784 millions de tonnes, la deuxième plus importante jamais connue. Les producteurs américains ayant augmenté leur production face à la hausse de la demande.
Nœud gordien
Le nombre important de mesures allant de l’interdiction au contrôle de l’export de produits agricoles continue cependant de gripper le bon fonctionnement du marché. Elles sont toutefois moins importantes qu’auparavant ; sur un total de 96 restrictions à l’exportation de produits agricoles essentiels à avoir été mises en place par des membres de l’OMC, 28 d’entre elles ont été annulées mais le reste est toujours en vigueur.
Censées protéger de la "crainte d’une pénurie intérieure de denrées alimentaires, d’aliments pour animaux et d’engrais", les différentes mesures quantitatives mises en place sont qualifiées de "très restrictives et ont un effet immédiat sur les flux commerciaux." Elles contribuent à empêcher le repli de certains prix, l’indice FAO des prix du sucre vient ainsi d’atteindre son niveau le plus haut depuis février 2017. Concernant les prix du blé, ils ont quant eux interrompu trois mois consécutifs de baisse et " ont légèrement progressé (0,3 pour cent) en février." Une incitation à la prudence surtout quand on connaît l’incertitude concernant l’accord de la mer noire sur les exportations ukrainiennes de céréales.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

