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Le marché des céréales sur un fil / Le précieux accord des céréales de la mer Noire n’est plus
"Même sans la Russie, tout doit être fait pour que nous puissions utiliser ce couloir (pour les exportations) en mer Noire. Nous n’avons pas peur ". Cette affirmation du président ukrainien Volodymyr Zelensky témoigne de l’importance pour l’Ukraine et pour les marchés des céréales d’un maintien des exportations ukrainiennes au plus haut niveau possible.
Ce sont principalement les marchés du blé et du maïs qui sont au cœur de l’attention. Warren Patterson, responsable de la stratégie des matières premières chez ING, est plus optimiste pour le dernier nommé estimant que " la croissance de l’offre ailleurs cette saison signifie que même si nous perdions toutes les exportations de maïs de l’Ukraine (19,5 millions de tonnes), les stocks mondiaux de maïs en fin de campagne pour 2023-2024 seraient inférieurs de 2 millions de tonnes à ceux de 2022-2023". Cependant en ce qui concerne le blé, il juge que "l’impact serait plus important si toutes les exportations de blé ukrainien (10,5 millions de tonnes) étaient perdues, car cela laisserait les stocks mondiaux de fin de campagne 2023-2024 inférieurs de plus de 13 millions de tonnes à ceux de 2022-2023 et à leur niveau le plus bas depuis 2014-2015 ".
Risques qui se matérialisent
Les réactions à cette annonce sont également à scruter avec attention, l’Union européenne (UE) s’est d’ailleurs empressée de réagir en clamant qu’elle "ne ménagera aucun effort pour continuer à soutenir la livraison stable et en temps utile de tous les biens, en particulier les produits agricoles, sur les marchés mondiaux grâce aux ‘corridors de solidarité’UE-Ukraine". Le communiqué de presse de l’UE rappelle que le corridor céréalier " a permis l’exportation sûre, par plus d’un millier de navires, de près de 33 millions de tonnes de céréales et de denrées alimentaires vers 45 pays".
Des flux qui ne pourront pas être entièrement redirigés vers des itinéraires alternatifs, ING estime que certes "nous ne perdrons pas tous les volumes d’exportation ukrainiens, étant donné que nous assisterons à une reprise des flux via le Danube et l’UE" mais qu’il "est vrai que cet itinéraire serait plus coûteux et que les contraintes de capacité pourraient poser problème".
Épée de Damoclès
Le choix de Moscou de se retirer de cet accord pourrait concrétiser les craintes exprimées il y a plusieurs semaines, Coface alertait déjà sur "les difficultés persistantes d’approvisionnement et les prix élevés sur les marchés [qui] pourraient d’ailleurs renforcer les réflexes protectionnistes sur les produits alimentaires". Reste désormais à voir si on observera effectivement des États "remettre en place des dispositifs protectionnistes similaires à ceux qui ont vu le jour en 2022 (Égypte, Inde) pour faire face aux pressions inflationnistes ou à des pénuries alimentaires".
Il était déjà alors question de la forte concentration des ressources céréalières dans quelques pays tels " la Chine [qui] a régulièrement augmenté ses stocks de céréales, et détient désormais plus de 50 % des stocks mondiaux de blé". L'expert de l'assurance-crédit indiquait déjà que "cette plus forte concentration se fera nécessairement au détriment de la fluidité du commerce international de céréales, surtout dans un marché en tension".
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