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Hydrocarbures; baril; inflation

Macro-économie / Taux / OPEP / Moscou / énergie

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OPEP / Moscou / énergie

L'Opep ne lâche pas Moscou

L'Opep vient de décider réduire sa production de 2 millions de barils par jour. Une mesure inédite depuis le début de la pandémie et qui semble ranger définitivement le cartel parmi les soutiens de Moscou.
Siège de l'organisation des pays producteurs de pétrole. Liu Xinyu/XINHUA-REA
Siège de l'organisation des pays producteurs de pétrole. Liu Xinyu/XINHUA-REA

L'organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) n'a pas cédé aux supplications du reste du monde : elle a décidé de diminuer sa production de 2 millions de barils par jour (bp/j). La dernière réduction de la production de l'Opep remontait à la période précédant la pandémie de Covid. 

Ed Moya, Analyste de marché senior chez Oanda,  souligne que suite à cette annonce "le pétrole devrait rester soutenu [...] mais que la hausse sera plafonnée bien avant le niveau de 100 dollars le baril". 
 

 

Guerre énergétique 

Cette décision acte pour Sophie Chardon, cross asset strategist chez Lombard Odier, que "le cartel ne veut pas voir le brut retomber à son plus bas niveau de moins de 80 USD le baril". Un choix lourd de conséquence alors que les prix de l'énergie flambent ces derniers mois et que l'Europe en souffre tout particulièrement renoncant peu à peu à faire usage des hydrocarbures russes.

La Russie semble de fait déterminée à ne pas laisser les cours du pétrole diminuer. Le vice-Premier ministre russe en charge de l'Énergie, Alexandre Novak, a souligné à l'issue de la réunion de l'Opep + que son pays pourrait réduire à nouveau sa production pour soutenir le niveau des prix de l'or noir. Une "ambition de prix [qui] semble gérable si nous nous dirigeons vers une légère récession mondiale, mais impossible à défendre si nous voyons une récession plus profonde s'installer" estime Sophie Chardon.

 

Jeu de dupe

 

Joe Biden a beau se déclarer "déçu de cette décision à courte vue" de la part du cartel et annoncer vouloir consulter le Congrès prochainement. Il ne peut pas pour autant s'agir d'une surprise pour lui au vu de ses difficiles relations avec l'organisation basée à Vienne: sa visite officielle à Ryiad cet été n'avait notamment débouché sur aucune avancée significative.

Pour autant "l'impact sur l'offre et la demande mondiales reste à définir" selon Sophie Chardon, notamment du fait que "L'OPEP+ étant déjà dans l’incapacité d'atteindre ses objectifs de production et la production iranienne pouvant revenir sur le marché. De leur côté, les États-Unis continuent de libérer leurs réserves stratégiques, mais, à un moment donné, ils devront commencer à reconstituer leurs stocks."

Le prince saoudien Abdulaziz a répété mercredi dernier que "L'Opep plus est là pour rester en tant que force modératrice", et que donc, à ses yeux, il était nécessaire d'agir pour stabiliser le marché. Une véritable aubaine pour Moscou qui pourra continuer à écouler son pétrole à un prix avantageux en étant moins exposé aux embargos ou plafonnements imposés à ses exportations d'or noir. Rendez-vous le 4 décembre pour la prochaine passe d'armes entre Joe Biden et l'Opep, l'organisation ayant décidé que ses habituelles réunions mensuelles ne se tiendraient plus que tout les deux mois.

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