Macro-économie / Taux / pétrole / Joe Biden / OPEP / Moscou / Demande mondiale
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Le baril est toujours sous étroite surveillance
L'invasion de l'Ukraine n'a pas fini de bouleverser la planète et les prix de l'énergie avec elle. Le rapport mensuel sur le pétrole de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) abonde en ce sens et affirme concernant l'or noir que "la montée en flèche de l'utilisation du pétrole pour la production d'électricité et le passage du gaz au pétrole stimulent la demande".
Ce qui s'accompagne logiquement d'une révision à la hausse de la demande anticipée pour 2022 : elle a progressé de 380 000 barils par jour (bp/j) par rapport à la précédente estimation de l'AIE. Ce qui porte la hausse à un total de 2,1 millions de bp/j pour l'année en cours.
Le calme avant la tempête
Pour autant le prix du baril n'a pas encore complètement explosé et la situation ne s'est pas encore totalement détériorée sur le marché. Ed Moya, Senior Market Analyst pour OANDA, estime que "les risques géopolitiques liés à la guerre en Ukraine et à la situation de la Chine en matière de COVID sont de gros imprévus pour le pétrole et pourraient facilement servir de catalyseur pour faire repasser les prix du brut au-dessus du niveau de 100 dollars".
Comme d'autres observateurs, il trouve "étrange de voir l'appétit pour le risque s'emballer" alors que "pourtant les prix du pétrole sont à la peine". Il explique cette situation par le fait que "les négociants en énergie ont besoin de voir la preuve que la demande de brut s'améliore, avant que les prix du pétrole ne puissent remonter". L'AIE note bien à ce sujet que "les prix à terme du pétrole brut ont baissé d'environ 30 dollars par baril depuis le pic de juin".
Retour à la normale
L'autre phénomène frappant dans ce rapport c'est que le débit des raffineries continue à augmenter ; ce dernier "a augmenté de 1,1 mb/j en juillet et devrait encore progresser de 350 kb/j ce mois-ci, ce qui lui permettra d'atteindre son plus haut niveau depuis janvier 2020". Ed Moya estime conjointement que "la production est sur le point de revenir aux niveaux pré-pandémiques". Ce qui est l'une des explications au fait que "le marché du pétrole ne semble plus aussi tendu".
Derrière ces chiffres on retrouve d'une part une hausse de la production de l'Organisation des pays producteurs de pétrole et ses alliés (Opep +) à hauteur de 530 kb/j et d'autre part les autres pays du globe ont augmenté la leur de 870 kb/j. Ces deux hausses rassemblées ont été supérieures "à la demande de produits raffinés, ce qui a fait chuter les fissures et les marges de raffinage nettement en dessous des sommets historiques atteints en juin", d'après l'organisation installée à Paris. Elle conforte également le récent appel des membres de l'Opep + à un plus grand investissement des autres pays dans les hydrocarbures.
L'embargo
Dans cette optique, la production mondiale serait "en passe d'augmenter de 2,6 mb/j en 2022 et de 1,3 mb/j l'année prochaine". Une nouvelle bienvenue au vu de la baisse constante des flux en provenance de la Russie ; "les exportations russes de pétrole ont diminué de 115 kb/j en juillet pour atteindre 7,4 mb/j, contre environ 8 mb/j au début de l'année" et la dynamique ne semble pas s'arrêter.
L'Occident et ses alliées Coréens et Japonais semblent bien résolus à se passer autant que possible des hydrocarbures russes et en conséquence "les flux de brut et de produits pétroliers à destination des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Union européenne, du Japon et de la Corée ont chuté de près de 2,2 mb/j depuis le début de la guerre". Une hausse certes compensée par le fait que "les deux tiers ont été réacheminés vers d'autres marchés" mais qui pèse toujours sur les marchés.
Ce qui n'empêche pas le rapport mensuel de procéder à une révision à la hausse des "prévisions concernant la production de pétrole russe" et dans le même temps de dégrader "les perspectives pour l'Amérique du Nord". La Maison Blanche risque de son côté de devoir multiplier ses efforts diplomatiques au vu de l'avis pessimiste de l'AIE sur la capacité de l'Opep + à hausser sa production ; le communiqué joint au rapport précise que "de nouvelles augmentations substantielles de la production de l'OPEP + sont peu probables dans les mois à venir".
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