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Cartel; Joe Biden; Moscou;

Macro-économie / Taux / Opep+ / Baril / pétrole / Demande mondiale

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Opep+ / Baril / pétrole / Demande mondiale

Quel prix pour la stabilité de l’or noir ? / L’Opep continue de clamer vouloir agir pour le bien du marché

Le cartel pétrolier semble parvenir à ses fins, les cours du baril ont bien rebondi en un mois ; progressant de 8,13 % pour le Brent et de 11,52 % pour le WTI. Pas de raison donc, pour les pays signataires de la déclaration de coopération de renoncer à leurs ajustements volontaires, d’autant plus que les prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2023 sont sensiblement les mêmes que le mois passé, avec une prévision estimée à 2,3 millions de barils par jour.
Station service. Vuk Valcic/ZUMA-REA/ZUMA-REA
Station service. Vuk Valcic/ZUMA-REA/ZUMA-REA

Un "soutien aux efforts constants et déterminés de la déclaration de coopération pour soutenir la stabilité du marché pétrolier". Voici comment l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qualifie la baisse volontaire de sa production entérinée récemment. La demande de pétrole dans les pays non-membres de l’OCDE qui "a été revue à la hausse en raison d’une amélioration plus importante que prévu de l’activité économique en Chine après l’abandon de la politique du zéro COVID-19, ainsi que de nouvelles améliorations attendues au Moyen-Orient, en Amérique latine et dans les autres pays d’Europe" n’a donc pas suffi à modifier les prévisions de demande et à faire changer d’opinion les membres du cartel pétrolier.

Il faut dire qu’ils tablent désormais sur un "déclin anticipé de l’activité économique dans les régions Amérique et Europe de l’OCDE " et qu’en conséquence "la croissance de la demande de pétrole a été ajustée à la baisse pour les quatre trimestres de 2023".

Un message d’autant plus difficile à entendre pour Joe Biden et ses alliés occidentaux qu’ils ont placé les problématiques énergétiques au premier plan. L’Opep et ses alliés ont cependant maintenu leurs choix d’effectuer des "ajustements volontaires supplémentaires à partir de mai 2023 et jusqu’à la fin de l’année". Bien qu’ils soulignent que les perspectives sont " soumises à de nombreuses incertitudes, notamment en ce qui concerne la tendance et le rythme de l’activité économique dans les pays de l’OCDE et les pays non-membres."

 

Le prix fort


Le son de cloche est nettement plus pessimiste pour l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Elle note dans son rapport mensuel sur l’or noir que "les consommateurs, confrontés à la hausse des prix des produits de première nécessité, devront désormais arbitrer leur budget de manière encore plus fine ". Plus finement, elle note que le choix de l’Opep de réduire sa production "est de mauvais augure pour la reprise économique et la croissance." Selon ses projections, il faudra compter sur une offre mondiale de pétrole qui va diminuer de près 400.000 barils par jour (bpj) en 2023.

Une diminution due à une réduction de l’offre provenant du cartel et de ses alliés, à hauteur de 1,4 million de bpj, qui ne sera qu’insuffisamment compensée par le reste de la planète. Ironie du sort, les ennemis de Moscou pourraient compter sur l’inefficacité de leurs sanctions envers le Kremlin pour voir les prix ne pas exploser. Les exportations du pétrole russe ont ainsi progressé de 600 000 bpj entre février et mars, pour atteindre un total de 8,1 millions de bpj, un niveau record en 3 ans.


L’œuvre du temps


Le jeu géopolitique n’empêche peut-être pas la Russie d’exporter son or noir à travers le globe mais les revenus que le pays de Vladimir Poutine en tire en sont impactés ; ils ont diminué de 42 % entre mars 2022 et 2023. Les premiers signes de fissure de l’entente avec ses alliés de l’Opep commencent également à apparaître, Reuters rapporte ainsi que Saudi Aramco comptait maintenir plusieurs de ses engagements contractuels d’expédition de brut en direction de l’Asie, lors du mois de mai. Une date pourtant censée être celle du début de la diminution de la production du cartel pétrolier.

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