Macro-économie / Taux / OPEP / pétrole / Baril
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OPEP / pétrole / Baril
Une demande de pétrole toujours timide en 2025 / Les choix de Donald Trump pourraient perturber le marché
Un soupçon d’optimisme mais pas plus. C’est ainsi que PVM, courtier mondial en instruments pétroliers, et d’autres acteurs analysent le rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) consacré à l’or noir. Ses équipes notent en effet que les perspectives de l’AIE "restent les plus négatives et bien que l’OPEP (organisation des pays producteurs de pétrole ndlr) ait réduit ses propres prévisions, elle ne l’a pas fait au même rythme que l’AIE ", il faut donc aller du côté de la croissance pour trouver une vision plus positive.
En effet pour 2025, elle l’a augmenté de 20 000 barils par jour (bpj), là où les autres prévisionnistes ont tous procédé à des révisions à la baisse. Les marchés ne sont pas pour autant dirigés par ces récentes mises à jour et chez PVM on considère "que les prix du pétrole ont des sujets plus urgents à traiter". Le courtier se fait l’écho du fait que "les sanctions étant à nouveau à l’ordre du jour, la communauté pétrolière commence à se convaincre que les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, s’en prendront immédiatement à l’Iran".
Conviction
Philippe Dauba-Pantanacce, à la tête de la recherche économique sur la géopolitique mondiale chez Standard Chartered, confie à WanSquare être frappé "par un marché des hydrocarbures qui est actuellement obsédé par une politique pro carbone aux Etats-Unis". L’économiste considère que ce narratif n’est pas forcément pertinent ; il considère en effet que "la politique en la matière n’est pas le fait du prince outre-Atlantique, on y est dans une logique très capitalistique avec de nombreux acteurs indépendants qui ont besoin d’un certain niveau de prix pour assurer leur rentabilité".
L’AIE souligne dans son rapport mensuel que "l’offre hors OPEP + augmente d’environ 1,5 mbj au cours des deux années", et ce "sous l’impulsion des États-Unis, du Brésil, de la Guyane, du Canada et de l’Argentine". Les États-Unis ont actuellement un poids dans la production mondiale qui est sans précédent, ils ont début décembre passé le cap des 13,51 millions de barils de brut par jour mis sur le marché. Un niveau qu’ils n’avaient jamais atteint auparavant et qui peut faire douter concernant la capacité à y augmenter considérablement l’offre.
Les problèmes propres à la croissance de la Chine sont certes prépondérants dans les difficultés actuelles du cours du pétrole, pour autant chez l’expert de Standard Chartered on argue que d’autres catalyseurs qu’une reprise économique du côté de Pékin pourraient faire redécoller le baril. Il nous fait part de son sentiment que "l’administration Biden a eu tendance à fermer les yeux sur les exportations de pétrole iranien à destination de la Chine, en cas de pression maximale de Donald Trump sur ce point c’est 1,4 à 1,5 million de barils par jour qui pourraient disparaître du marché très rapidement".
Une situation qui pourrait faire les affaires de l’Opep, dont Philippe Dauba-Pantanacce nous confirme que ses membres ont bel et bien la capacité de se substituer à une telle baisse de la demande, la vraie question c’est que la capacité d’absorption du marché s’en trouverait affectée le rendant plus volatil. Des arguments parmi d’autres qui lui font s’attendre à ce que le cours du baril termine l’année 2025 juste au-dessus de 90 dollars.
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