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Coup de froid à prévoir pour le baril
Une semaine après avoir à nouveau opposé une fin de non-recevoir aux demandes de hausse de sa production, l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) a revu à la baisse ses prévisions pour l'année en cours. Ses projections sur la demande ou l'offre de pétrole en dehors du cartel ont été respectivement révisées à la baisse de 200 000 et 300 000 barils par jour.
Des diminutions de production à mettre en relief avec la situation très particulière de la Russie. Moscou se voit en effet imposer de plus en plus d'embargos comme réprobation de son invasion de l'Ukraine. La production du pays dirigé par Vladimir Poutine a néanmoins augmenté de 2 % "au cours des premiers jours de mai " selon une note d'Energy Intelligence. Ce qui a permis d'inverser "la baisse de près d'un million de barils par jour enregistrée en avril".
La hausse actuelle est néanmoins qualifiée comme pouvant "être de courte durée", à cause d'un possible durcissement des sanctions occidentales. Le message rassurant d'Alexander Novak - vice-président du gouvernement de la Fédération de Russie - qui trouve que ces récentes données indiquent que l'industrie pétrolière russe est "stable", n'arrive pas à convaincre. Dans le même temps plusieurs négociants internationaux semblent indiquer que "les achats de brut russe commenceront à diminuer ce mois-ci, car les restrictions de l'UE sur les transactions financières avec les entités russes entrent en vigueur".
De fait, Energy Intelligence estime que les exportations ont "diminué au cours des 10 premiers jours de mai". Les exportations de brut des ports russes situés dans la Baltique et la mer Noire ont déjà perdu près 400 000 barils par jour par rapport à la moyenne du mois d'avril. Aujourd'hui leurs exportations ne seraient plus que de 1,7 million de barils par jour.
Entre embargo et tensions sur les prix, les pays de l'Opep continuent à profiter de la situation. La major saoudienne Saudi Aramco devrait à nouveau publier des résultats financiers très probants en 2022.
Les problématiques de tensions sur les prix touchent tous les types d'hydrocarbures avec une "crise du gaz naturel liquéfié (GNL) qui se prépare pour les pays européens" selon Rystad Energy. La demande en la matière devrait dépasser l'offre d'ici la fin de l'année. Les délais de construction des nouveaux projets concernant le GNL ne pourront déboucher sur un "soulagement matériel" qu'après 2024". En l'absence de l'offre issue de ces nouveaux projets, le plan REPowerEU de l'Union européenne qui "s'est fixé l'objectif ambitieux de réduire de 66 % la dépendance à l'égard du gaz russe au cours de cette année", va se heurter à "l'objectif de l'UE de reconstituer les stocks de gaz à 80 % de leur capacité d'ici au 1er novembre". Kaushal Ramesh, analyste principal pour le gaz et le GNL chez Rystad Energy, estime qu’à "court terme, l'hiver sera rude en Europe".
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