Macro-économie / Taux / pétrole / OPEP / Opep+ / or noir
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Le marché de l'or noir en proie à une offre déficitaire
Après plusieurs jours de discussions dans un climat de tension, les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses dix alliés (Opep+) ont décidé d'annuler la réunion qui devait se tenir lundi, les Émirats arabes unis (EAU) ayant demandé une hausse de leur quota de production à laquelle s'est opposé l'Arabie saoudite. Ce gel des négociations n'est pas sans rappeler le dernier affrontement entre les deux pays en décembre 2020 où Abu Dhabi avait menacé de quitter le cartel, mais les pays étaient finalement parvenus à un accord. Cette fois-ci, la mésentente a atteint un point tel que la rencontre entre les membres de l'Opep +, qui se tient chaque début de mois depuis le début de la crise, a été avortée sans que les pays ne s'entendent sur une autre date.
Cela a mis fin, de fait, à l’accord provisoire qui prévoyait d’augmenter progressivement - de 400 000 barils par mois - la production de barils entre les mois d’août et décembre afin qu’à échéance fin 2021, le plafonnement ait augmenté de deux millions de barils par jour par rapport au mois de juillet. Cette mesure était dans la continuité des mois de mai à juillet au cours desquels les pays producteurs avaient commencé à relancer une partie de sa production (2 millions de barils par jour supplémentaires). Cette hausse de l'offre répond à une demande croissante en or noir. En témoigne la diminution des stocks de brut "désormais en dessous du niveau d’il y a dix-huit mois" selon Ahmed Ben Salem, analyste à Oddo BHF. Et la demande sera au second semestre, supérieure de cinq millions de barils par jour à celle des six premiers mois de l’année selon une déclaration du secrétaire général de l’Opep Mohammad Barkindo la semaine dernière.
L’échec des pourparlers oblige donc les marchés à se contenter de l’offre actuellement restreinte de barils. Conséquence logique de ce déséquilibre, le prix du pétrole a bondi le jour de l'annonce (lundi). Le cours du baril du Brent, extrait en mer du Nord, s'élevait à plus de 77 dollars ( +1,30 %) à la clôture de la Bourse, même constat pour le baril de WTI qui, autour de 77 dollars, atteignait un plus haut depuis novembre 2014. Mais les deux références du marché - Brent et WTI - se sont effondrées le lendemain (ce mardi) de respectivement 3,41 % et 3,78 %, les investisseurs spéculant sur une hausse des niveaux de production en cas de rupture des négociations. Il est donc à redouter que l'absence de politique commune de contrôle du marché provoque un retour de la guerre des prix et donc de la fluctuation du cours.
Un pays est particulièrement défavorable à ces dissensions au sein du cartel, la Russie, éternelle partisane de l'ouverture des vannes pour contrer la hausse du prix de l'essence sur son marché intérieur. Et c'est encore plus vrai à l’approche des élections parlementaires russes qui se tiendront en septembre. Si le vice premier ministre Alexander Novak n'a pas commenté cette situation de gel, tout porte à croire que les pourparlers entre le chef de file des alliés de l'Opep (la Russie) et celui de l'Opep (l'Arabie saoudite) continuent en coulisse. Une nouvelle date de réunion pourrait donc être arrêtée dans les jours qui viennent.
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