Macro-économie / Taux / Opep+ / AIE / or noir
Macro-économie / Taux
Opep+ / AIE / or noir
L’Opep croit encore à la forte croissance chinoise /
L’agence internationale de l’énergie table davantage sur une croissance plus faible
Deux visions de l’économie se sont affrontées cette semaine. D’un côté la publication mensuelle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui réduit ses prévisions de croissance de la demande de pétrole pour l’année prochaine d’1 millions de barils par jour à 880 000 barils par jour. A contrario, l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) a continué à croire en une augmentation de la demande de 2,25 millions de barils par jour. Ce différentiel entre les deux institutions équivaut à près de 1 % de la consommation mondiale de pétrole.
Quelques certitudes
Cette divergence d’appréciation de la situation est en partie due aux actions de l’Opep et de ses alliés, juge l’AIE qui estime que "la prolongation des réductions de production par l’Arabie saoudite et la Russie jusqu’à la fin de l’année entraînera un déficit substantiel du marché jusqu’au quatrième trimestre de l’année 2023". Il n’est pas sûr que ce déficit ne puisse pas être observé plus longtemps ; étant donné que rien n’indique que le cartel infléchisse cette politique à la fin de l’année.
Pour le moment on observe du côté de l’institution que " depuis le début de l’année, la production de l’OPEP + a baissé de 2 mb/j, les pertes globales étant tempérées par la forte augmentation des flux iraniens". Le fragile équilibre actuel étant permis par une " offre hors OPEP + [qui] a augmenté de 1,9 mb/j pour atteindre le niveau record de 50,5 mb/j en août. En 2023, l’offre mondiale augmentera de 1,5 mb/j, les États-Unis, l’Iran et le Brésil étant les principales sources de croissance". Les récents évènements au Proche-Orient menacent certes de réduire à néant tout cela, pour l’instant on reste optimiste et notamment du côté de l’Insee qui souligne dans sa dernière note de conjoncture que "le renchérissement du pétrole ne remet a priori pas en cause le mouvement de reflux de l’inflation engagé depuis plusieurs mois dans la plupart des pays occidentaux".
Paix prospère
Une escalade de violences au Moyen-Orient à laquelle on croit peu chez Samy Chaar, chef économiste chez Lombard Odier, ce dernier juge que si "le tragique conflit entre Israël et le Hamas alimente les inquiétudes quant aux perspectives de la région", les pays du Golfe "opteront finalement pour le statu quo stratégique". En effet " leurs programmes de développement à long terme exigent que soit évitée une nouvelle conflagration géopolitique dans la région, et toute hausse punitive des cours du pétrole pourrait nuire à leur industrie pétrolière en accélérant encore la tendance mondiale à l’électrification".
Ces mêmes pays ont cependant besoin de cours élevés pour le baril afin d’arriver à leur équilibre budgétaire. Alexandre Hezez, stratégiste pour le Groupe Richelieu, avance ainsi que "sans atterrissage brutal de l’économie, les prix devraient être soutenus sans dépasser outre mesure les 100 dollars le baril sur le Brent". Avec l’inconnue de la reprise chinoise comme incertitude majeure pouvant peser à la hausse sur les prix.
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