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baril; croissance; hydrocarbures; Moscou

Macro-économie / Taux / Opep+ / or noir / pétrole / OCDE / Russie

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Opep+ / or noir / pétrole / OCDE / Russie

L’or noir tiré par les émergents / Les économies avancées ne vont pas beaucoup augmenter leur consommation

La croissance de la demande de pétrole ne viendra pas des économies avancées au cours des prochains mois. Une tendance confirmée par le dernier rapport mensuel de l’Organisation des pays producteurs de pétrole, qui voit à l’inverse l’appétit des pays émergents croître. Les pays non-membres de l’OCDE devraient ainsi voir leur demande d’or noir dépasser les niveaux enregistrés avant la pandémie.  
Un an après sa visite en Arabie Saoudite, les relations entre Riyad et Washington sont crispés par l'or noir.  Saudi Press Agency/XINHUA-REA
Un an après sa visite en Arabie Saoudite, les relations entre Riyad et Washington sont crispés par l'or noir. Saudi Press Agency/XINHUA-REA

"La seule ligne de conduite raisonnable dans un environnement aussi incertain est de maintenir l’accord [mensuel du cartel sur la production ndlr] que nous avons conclu en octobre dernier pour le reste de l’année, et c’est ce que nous avons l’intention de faire. " Le prince Abdulaziz bin Salman, le ministre saoudien en charge de l’énergie, a de nouveau martelé le message de l’Opep lors d’un récent entretien avec Energy Intelligence. Il faut dire que le tout récent rapport mensuel de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) s’inscrit dans la droite ligne de ses précédentes publications.

L’organisation basée à Vienne parle en effet de "prévisions de croissance économique mondiale pour 2022 [qui] sont légèrement révisées à la hausse, à 3,2 %." Un message teinté de prudence puisque l’accent est mis sur le fait que "l’économie mondiale continuera à faire face à des défis dans un contexte d’inflation mondiale élevée, de probabilité de nouvelles hausses de taux, en particulier dans la zone euro et aux États-Unis, de niveaux d’endettement élevés dans de nombreuses régions et d’incertitudes géopolitiques."

Un point saillant ressort cependant du document publié par le Cartel, la "prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole [pour 2023] reste inchangée à 2,3 millions de barils par jour (mb/j)". Cependant derrière ce constat se cache le fait que celles en provenance des "Amériques et l’Europe de l’OCDE sont revues légèrement à la baisse, tandis que la Chine est revue à la hausse." De fait l’Opep indique que "la demande de l’OCDE devrait augmenter de 0,2 mb/j, tandis que celle des pays non-membres de l’OCDE devrait croître de 2,1 mb/j. "

 

Figures de proue

 

Là où les pays membres de l’OCDE devraient "être légèrement en deçà des niveaux d’avant COVID-19 en 2023", c’est dès l’année passée que "la demande de pétrole dans la région non-OCDE devrait avoir dépassé les niveaux de 2019." Notamment grâce au retour à plein régime de la Chine dans l’économie mondiale, qui "donnera un élan considérable à la croissance économique mondiale", selon le cartel pétrolier.

Combiné à l’Inde qui "devrait enregistrer de bons résultats en 2023, grâce aux plans de dépenses du gouvernement ", et au Brésil et à la Russie qui devraient voir leurs économies tirer leur épingle du jeu, étant "soutenues par des des marchés de matières premières robustes, des réformes structurelles et des mesures de soutien budgétaire". Les lauriers de cette bonne situation d’ensemble sont attribués par l’Opep à elle-même, puisque c’est "la stabilité du marché pétrolier stable, soutenue par les efforts fructueux des pays participant à la Déclaration de coopération" qui va permettre en partie "d’alimenter la croissance économique mondiale."

 

Divorce consommé

 

Malgré les déclarations faisant état d’une volonté de surveiller " l’évolution du marché et de relever les défis afin d’assurer une stabilité durable du marché dans l’intérêt de l’économie mondiale ", la crise couve entre une organisation qui continue à ne pas lâcher son allié russe et Washington qui s’évertue à obtenir une hausse de la production mondiale. Le prince Abdulaziz bin Salman s’est montré inflexible à ce sujet cette semaine ; déclarant que si "certains continuent de penser que nous ajusterons l’accord avant la fin de l’année. À ceux-là, je dis qu’ils doivent attendre le vendredi 29 décembre 2023 pour que nous leur montrions notre engagement à l’égard de l’accord actuel. "

Alors que les différents responsables politiques américains se félicitent des effets des prix plafonnés sur le pétrole russe, le dirigeant saoudien a affirmé que "si un plafond de prix devait être imposé aux exportations de pétrole saoudien, nous ne vendrons pas de pétrole à un pays qui impose un plafond de prix à notre offre, et nous réduirons notre production de pétrole, et je ne serais pas surpris que d’autres fassent de même." L’espoir de relations réchauffées entre Riyad et Washington suscité par la visite de Joe Biden dans le Royaume semble bien loin désormais.

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