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L'OPEP n'empêchera pas le prix du baril de flamber

La réunion de l'OPEP qui s'est tenue hier n'a pas abouti à la hausse de production espérée par les marchés, une décision qui fait craindre que la hausse des prix à venir freine le retour de la croissance.    
Station-service parisienne début octobre 2021, Thomas COEX / AFP
Station-service parisienne début octobre 2021, Thomas COEX / AFP

Aucun bouleversement majeur n’a été annoncé lors de la réunion des ministres de l’OPEP et ses alliés (réunis au sein de l’OPEP +), qui s’est tenue ce lundi, le cartel des producteurs de pétrole a décidé de rester sur la trajectoire de production qu’il avait élaborée cet été. L’augmentation de l’offre de pétrole va donc continuer à être modeste et calibrée à 400 000 barils par jour pour le mois de novembre. Une hausse qui ne va donc pas permettre de satisfaire une demande de pétrole toujours plus haute avec le retour de la croissance de part et d’autre du globe. En conséquence les prix des barils de référence que sont le Brent de mer du Nord et le WTI Américain vont continuer à grimper et vont vraisemblablement atteindre des prix jamais atteints depuis 2014 pour le Brent quand le WTI a déjà dépassé tous les prix enregistrés depuis sept ans.

Les marchés attendaient une hausse plus importante en cette période de tension sur les prix de l’énergie qui a également tiré vers le haut les prix du gaz naturel, ce qui aurait pu pousser à un report de consommation vers le pétrole en cas de hausse de la production de ce dernier. Une vraie crainte existe désormais quant à l’effet délétère d’une offre de pétrole insuffisante qui empêcherait le retour sur leur sentier de croissance des économies les plus fragilisées par la crise. L'effet inflationniste d'une hausse des prix de l'énergie est particulièrement redouté, tant les décisions de l'OPEP + qui contrôle plus de la moitié de la production mondiale sont décisives pour le cours du baril.

Pour l’année à venir, la hausse de la demande mondiale de pétrole est estimée par l’organisation installée à Vienne à plus de 4,2 millions de barils par jour. Ce qui constitue une hausse de près de 900 000 barils par rapport aux estimations du mois précédent. La reprise de l’activité devrait se poursuivre partout sur le globe et activer pleinement des canaux de demande de pétrole qui étaient jusque-là bridés. Le retour d’une demande mondiale plus soutenue profiterait pleinement aux marchés de transport de marchandises et in fine à la demande de carburants de transports. Les différents facteurs évoqués précédemment ont conduit l’OPEP à publier une estimation de la demande de pétrole à 100,8 millions de barils par jour en 2022, ce qui la situe au-dessus des niveaux prépandémiques. La production mondiale en 2021 qui va s’établir à un peu de plus de 90 millions de barils était déjà insuffisante à satisfaire une demande qui réclamait 5 millions de barils supplémentaires par jour.

Les inquiétudes sur une flambée des prix de l’énergie déjà évoquées plus tôt sont fondées, d’autant plus que des doutes existent sur la capacité de l’OPEP à pouvoir produire beaucoup plus de barils, si le cartel a une marge de production potentielle de cinq millions de barils par jour à activer. Il est à noter que pour une entente tacite qui était souvent allègrement trahie par des membres qui n’hésitaient à produire plus que prévus, ces derniers temps les quotas de production sont tenus voire pas complètement honorés. Les membres de l’OPEP et ses alliés doivent se réunir à nouveau début novembre dans la capitale autrichienne.

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