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Nouvelle décision de l'Opep, nouvelle impasse
Curieux sentiment de déjà-vu : dans l’incapacité de trouver un consensus, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) prolonge sa réunion par visioconférence pour s’accorder sur la production de brut mondial le mois prochain. Ce sommet qui était bi-annuel est dorénavant mensuel : il a été convenu le 3 décembre dernier que les pays se réuniraient au début de chaque mois pour décider du nombre de barils produits en fonction de la teneur du commerce mondial. Au cours de cette année, 1,5 million de barils par jour supplémentaires devraient être graduellement mis sur le marché. L'issue des négociations en cours est difficile à prédire : le mois dernier, les pourparlers se sont prolongés pendant 5 jours, Ryad et Abou Dabi ne parvenant pas à se mettre d’accord sur la rapidité de la relance. L'Opep+ s’était finalement accordée sur une augmentation de 500 000 barils par jour à partir du mois de janvier, augmentation prudente face à des surplus de stocks encore importants : les stocks en pétrole des pays développés demeurent supérieurs de 163 millions de barils à leur moyenne sur cinq ans selon le secrétaire général de l’Opep+. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a averti que le surplus de stock existant ne disparaîtrait pas avant la fin de l’année si l’Opep venait à augmenter sa production trop rapidement.
Un consensus difficile à obtenir
Hier matin, lors d’une première réunion entre les ministres qui supervisent l’Opep et ses alliés, le prince Abdulaziz bin Salman, ministre saoudien de l'énergie, ouvrait le bal : "Au risque d'être considéré comme un rabat-joie […], je veux appeler à la prudence". Le Royaume de Ryad a souligné le risque que représente pour le marché pétrolier la découverte d’une mutation du virus. Pourtant, depuis le mois de novembre, le cours se maintient proche des 50 dollars le baril, soit une augmentation de plus de 30 % depuis l’apparition des premiers vaccins, signe d’un regain d’optimisme. Mais la hausse des cours liée au déploiement du vaccin ne doit pas, selon le chef de file du cartel, faire perdre de vue les risques économiques inhérents à cette période. D’autre voix se sont jointes à celle de l’Arabie saoudite, craignant de compromettre la reprise fragile des cours par une nouvelle augmentation de la production en or noir. Le ministre du pétrole koweïtien, Mohammed Alfares et le secrétaire général de l’Opep, Mohammad Barkindo, ont à leur tour déclaré qu’il fallait faire preuve de méfiance quant aux possibles répercussions de la deuxième vague de pandémie.
La Russie, chef de file de facto du cartel aux côtés de Ryad, ne partageait pas cet avis fin décembre. Elle avait alors publiquement affirmé être favorable à une augmentation de la production. Moscou a par ailleurs mis en garde l’alliance des 23, soit des 13 pays de l’organisation des pays exportateurs de pétrole et des 10 membres alliés à l’Opep, contre la concurrence des pays ne faisant pas parti de l’alliance, qui pourraient profiter de ce frein pour prendre des parts de marché. Le vice premier ministre russe, Alexander Novak n’est pas le seul Etat favorable à une reprise de la production. Les pays exportateurs de pétrole acceptent de plus en plus difficilement de maintenir leurs capacités au ralenti. Ils produisent en ce moment environ 7,2 millions de barils par jour, ce qui représente 7 % de la demande mondiale. Bagdad se range aussi du côté de Moscou ; en pleine crise économique, le pays ne peut se passer plus longtemps de la manne pétrolière.
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