Macro-économie / Taux / AIE / pétrole / Opep+
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AIE / pétrole / Opep+
Les tensions sur le baril s'estompent
Le prix du baril s’est considérablement refroidi ces derniers temps, sous l’effet conjugué d’une hausse de la production et d’une baisse de la demande. C’est le constat fait par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son dernier rapport mensuel sur le pétrole. Dès ce mois décembre, la production mondiale de pétrole devrait devenir plus importante que la demande. L’augmentation de la demande de baril par jour en 2021 n’est plus prévue à 5,5 millions, mais à 5,4 millions. Pour 2022, elle est revue de 3,4 millions à 3,3 millions de barils par jour. Une tendance que l’AIE voit se prolonger l’an prochain avec une hausse continue de la production, tant au sein de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) qu’en dehors. L'arrêt des contraintes de réduction de la production au sein de l'Opep et ses alliées pourraient être décisifs.
Il y a à court terme une offre dopée par les barils issus des réserves stratégiques américaines, chinoises, japonaises, britanniques, coréennes et indiennes à partir de la fin du mois dernier. Le rapport de l’AIE voit dans ce flux une opportunité de reconstituer des stocks industriels considérablement réduits. Combiné à l’augmentation constante de l’offre anticipée par l’agence et à une demande qui converge plus lentement que prévu vers son niveau d’avant crise, le rapport parle d’une année 2022 qui "pourrait effectivement s’annoncer plus confortable". Une trajectoire en partie causée par un impact plus fort que prévu du covid, qui entraîne principalement une baisse des besoins en kérosène.
La dynamique perçue par l’AIE s’observe déjà dans des prix du pétrole qui ont fortement fluctué depuis les sommets atteints à l’autonome. Concernant l'indice du pétrole brut de la mer du Nord, il a baissé jusqu’à un plancher de 68,86 dollars le baril pour remonter à 75 dollars le baril au moment de la publication du rapport, un niveau de prix auquel il s’est stabilisé. Il s’agit donc d’un ralentissement temporaire, les cours n’attendant que la fin des mesures de restrictions liées à la pandémie pour reprendre leur flambée si la production mondiale ne profite pas de ce répit pour retrouver ses niveaux d’avant crise. Puisque hors impact sur les voyages internationaux, l’AIE prévoit que la demande liée au "transport routier et de matières premières pétrochimiques continue à afficher une croissance saine". Le temps n’est donc ni à l’alarmisme ni à la tranquillité, c’est celui d’une normalisation des prix du pétrole à court et moyen terme.
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