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blé; Moscou; inflation sous jacente

Macro-économie / Taux / céréales / FAO / crise alimentaire / Inflation

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ukraine L’inflation alimentaire se dissipe petit à petit / Les prix baissent mois après mois

UKRAINE. Presque qu’un an après le début de l’invasion de l’Ukraine, les conséquences de ce conflit sur les matières premières agricoles sont désormais contenues. L’indice des prix agricoles de la FAO vient de connaître son dixième mois consécutif de baisse. Il est désormais inférieur de 17,9 % au pic de l’an passé et n’était plus en janvier que supérieur de 4,8 % à son niveau d’il y a un an.
Transport de céréales en Chine. Sun Fanyue/XINHUA-REA
Transport de céréales en Chine. Sun Fanyue/XINHUA-REA

"Le lancement et le renouvellement de l’initiative en faveur des céréales de la mer Noire, ainsi que les efforts visant à accroître la capacité d’exportation par des voies non maritimes, ont contribué à atténuer les graves contraintes d’exportation auxquelles l’Ukraine était confrontée". Cette phrase tirée d’une note publiée en décembre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), reste toujours d’actualité en ce début d’année et résume le paradoxe de l’amélioration actuelle sur le front agricole : les tensions sur les prix se desserrent avec le temps mais elles peuvent revenir plus forte que jamais en un claquement de doigts du Kremlin.

Tout n’est pas rose pour autant et la FAO rapporte, dans son dernier rapport mensuel en date, que "les prix mondiaux du maïs ont légèrement augmenté en raison de la forte demande d’exportations du Brésil et des inquiétudes liées à la sécheresse en Argentine" et également que "les prix internationaux du riz ont bondi de 6,2 % par rapport à décembre, sous l’effet de disponibilités plus restreintes, d’une forte demande locale dans certains pays exportateurs asiatiques et des mouvements des taux de change. " Un dur rappel que les fluctuations du billet vert s’imposent douloureusement à nombre d’économies et notamment en ce qui concerne les importations de matières premières.

 

Céréales sur un fil

 

Les bonnes nouvelles se multiplient donc semaine après semaine mais commencent à s’amenuiser comme en témoigne un "indice FAO des prix des céréales [qui] est resté pratiquement inchangé (+0,1 % seulement) par rapport à décembre." Certes, les prix internationaux du blé ont quant à eux diminué de 2,5 %, cependant plusieurs inquiétudes de fin d’année semblent toujours d’actualité et notamment en ce qui concerne la Russie où " la faiblesse des prix intérieurs pourrait entraîner une légère réduction des semis de blé dans la Fédération de Russie, premier exportateur mondial, tandis que les graves conséquences de la guerre en Ukraine devraient réduire de 40 % les superficies plantées en blé d’hiver."

Il reste à espérer que "les semis records […] prévus en Inde, stimulés par les prix élevés du marché et les prix de soutien, et des semis relativement élevés […] prévus au Pakistan " par la FAO, deviennent réalité pour maintenir le fragile équilibre en place sur les marchés mondiaux. Les bonnes nouvelles que constitue une "utilisation mondiale de céréales en 2022-2023 [qui] devraient maintenant baisser de 0,7 % par rapport à l’année précédente", pourraient cacher une incapacité de certains états à financer leurs importations face à un contexte économique difficile. Une donne qui est sous-jacente lorsque la FAO parle d’un "commerce international de céréales en 2022/23 [qui] diminuera de 1,7 % par rapport au niveau record de l’année précédente".

 

Alpha et Omega

 

Bien que le poids des céréales soit conséquent dans nombre d’économies, il ne constitue pas le seul composant de l’indice des prix alimentaires et cela permet de voir quelques bonnes nouvelles apparaître. En effet, la baisse de l’indice FAO des prix des huiles végétales (- 2,9 % en janvier), celui des produits laitiers (- 1,4 % comparé à décembre) ou encore des prix du sucre (- 1,1 %), fait qu’une baisse notable des prix est à relever dans plusieurs domaines.

Néanmoins, la baisse de la demande derrière ces bonnes nouvelles pourrait n’être que temporaire étant donné la difficulté des économistes et analystes à anticiper les effets de la réouverture de la Chine et de la destination de l’immense surplus d’épargne des habitants de l’Empire du Milieu. Rappelons qu’il est aujourd’hui estimé que c’est l’équivalent de 8 % du PIB chinois qui a été épargné en 2022. Un stock massif qui pourrait ne pas être sans conséquence sur les cours de certaines matières premières agricoles.

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