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ukraine L'Europe joue une nouvelle carte énergétique / Les 27 se mettent enfin d'accord sur un prix plafond pour le gaz

UKRAINE. Suite à d'intenses débats, les pays membres de l'Union européenne viennent de se décider à adopter un plafonnement des prix de gros pour le gaz. Le mécanisme qui va être mis en place rentrera en action dès que le cours dépassera 180 euros par mégawattheure durant trois journées d'affilée. Il sera alors activé pendant vingt jours avant de prendre fin.
L'Allemagne a donné son aval à l'accord sur le plafonnement du gaz ©EUC/ROPI-REA
L'Allemagne a donné son aval à l'accord sur le plafonnement du gaz ©EUC/ROPI-REA

L’Europe veut montrer sa solidarité avec son accord pour plafonner le prix du gaz. Ce mécanisme arraché de haute lutte après des négociations acharnées est bien loin de satisfaire l’ensemble des États membres. Il est de fait inférieur aux 275 euros par mégawattheure proposé par la Commission européenne, il y a quelques semaines, qui auraient eu un effet plus limité en termes de protection. Il fait néanmoins craindre à une partie du Vieux continent, Allemagne en tête, que les fournisseurs de gaz ne se détournent durablement de l’Europe en lui privilégiant notamment l’Asie.

 

Une Union a minima

 

L’adoption de cet accord ne fait pas oublier les nombreuses réticences qu’il a suscitées ; si l'Allemagne a finalement soutenu l'accord final, l'Autriche et les Pays Bas se sont abstenus et la Hongrie a voté contre cet accord. En plus d’avoir été accepté a minima, le plafonnement ne pourra rentrer en action qu'uniquement si la différence de prix avec les prix mondiaux du GNL est supérieure à 35 euros par mégawattheure.

Ewa Manthey, Commodities Strategist chez ING, juge que malgré cette annonce "2023 sera une année difficile pour le marché européen du gaz naturel". Elle rajoute qu’il "est peu probable que la région soit en mesure de construire des installations de stockage au même rythme que celui observé en 2022". En conséquence, "le marché du GNL ne sera pas en mesure de compenser entièrement les pertes", ce qui devrait entraîner une poursuite de la destruction de la demande afin d’être en mesure "d’assurer un approvisionnement adéquat pour l'hiver 2023/24". Pour rendre effective cette équation, les niveaux de prix sont supposés rester durablement élevés ; ING table de fait sur une moyenne de 175 €/MWh en 2023.

 

Plus de politique que d'économie

 

S’il y en a bien un qui s’est félicité de la mise en place de l’accord c’est Mateusz Morawiecki, le Premier ministre de la Pologne, il estime que cela sonne ni plus ni moins "la fin de la manipulation du marché par la Russie et sa société Gazprom ". Le Kremlin a immédiatement rétorqué qu’il y voyait une " une violation du processus de ­marché pour la formation des prix". Pas certain que cette affirmation arrache autre chose que quelques sourires à Bruxelles, surtout quand elle vient du plus important allié du cartel pétrolier.

Si le volet de cet accord sur le plafonnement du gaz cristallise les tensions politiques, d'autres parties de ce dernier auront des conséquences non négligeables notamment sur les achats conjoints de gaz ou encore une nouvelle référence pour la tarification du gaz. ING estime que "l‘efficacité de ces mesures est encore incertaine. Le plafonnement de l'indice de référence du gaz naturel TTF augmente le risque de voir une plus grande partie des échanges se déplacer vers le marché de gré à gré, qui sera exclu du plafonnement". En définitive, Ewa Manthey estime que "l'objectif à plus long terme de la mise en place d'une nouvelle référence ne résoudra pas la question des goulets d'étranglement dans les infrastructures gazières européennes ".

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