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Allemagne / embargo / Russie / croissance
Conflit russo-ukrainien : la Bundesbank prévoit un désastre économique en cas d’embargo
En Allemagne, un embargo sur les importations en provenance de Russie aurait des conséquences économiques majeures. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la première économie de la zone euro serait grevée de 5,1 points cette année, d’après les estimations de la Bundesbank, soit une perte d’environ 200 milliards d’euros (le PIB reculerait de près de 2% par rapport à 2021). L’inflation annuelle, elle, se verrait dopée de 1,6 point par rapport au scénario central.
Évidemment, c’est l’arrêt des importations de produits énergétiques (charbon, gaz, pétrole) qui jouerait un rôle majeur dans la déconfiture économique outre-Rhin – elles représentent trois quarts des importations allemandes en provenance de Russie, d’après la cartographie réalisée par les économistes de BNP Paribas. Rappelons que l’Union européenne a décidé il y a peu de stopper les importations de charbon russe (délai de grâce de quatre mois pour permettre l’expiration des contrats en cours). L’embargo sur le pétrole est "une question de semaines", selon le ministre Bruno Le Maire, tandis que celui sur le gaz se heurte à un refus de certains pays, notamment l’Allemagne. Il faut dire que, cumulés, le pétrole, le gaz et le charbon en provenance de Russie représentaient, avant la pandémie, plus d’un tiers (35%) de sa consommation intérieure brute d’énergie.
Au moins deux effets s’additionneraient pour mettre l’économie allemande par terre.
D’une part, l’on devrait observer une envolée des prix de chacune de ces matières premières (le prix du baril de Brent atteindrait 170 dollars selon la Bundesbank), ce qui influerait à la baisse sur le pouvoir d’achat des ménages et donc sur la consommation. D’autre part, se ferait jour un effet volume : confrontée à un rationnement, l’industrie allemande serait en grande difficulté pour produire - les experts supposent que l'utilisation du gaz naturel, de la houille et du pétrole sera réduite de 40 % dans les secteurs concernés entre le deuxième trimestre de 2022 et la fin de l'année. "L'un des facteurs contribuant à la gravité de la situation est que, selon l'hypothèse retenue dans l'analyse, il n'existe aucune option de substitution des combustibles fossiles pour l'année en cours", indique la Banque centrale allemande. Les économistes de la Buba insistent également sur la hausse de l’incertitude qui résulterait d’une telle situation ; l’investissement des entreprises serait ainsi affecté.
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