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Macro-économie / Taux / embargo / Russie / europe / France / hydrocarbures

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ukraine France : un embargo sur les hydrocarbures russes aurait un coût dérisoire

UKRAINE. Même en cessant toute importation en provenance de Russie, le coût annuel supporté par chaque Français ne serait "que" de 54 euros, soit dix fois moins que celui auquel ferait face un Russe en moyenne, estime une étude du Cepremap.
Lilian Cazabet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Lilian Cazabet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le coût pour les Européens semble bien faible au regard des enjeux. Alors que les Vingt-Sept ont multiplié les sanctions à l’encontre de la Russie depuis qu’elle a envahi l’Ukraine, un embargo sur l’ensemble de ses exportations vers l’Europe n’est toujours pas à l’ordre du jour. Une étude venant de paraître pourrait bien pousser les décideurs politiques à reconsidérer la question.

En effet, cette mesure (incluant toutes les importations européennes en provenance de Russie) générerait un coût annuel pour chaque Européen en termes de consommation de "seulement" 227 euros, selon un travail mené par Fabien Tripier, professeur à l'Université Paris Dauphine et François Langot, professeur à l'Université du Mans, pour le compte du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) - organisme dépendant du ministère de la Recherche qui cherche à renforcer l’interface entre la recherche en sciences économiques et la décision publique.

Certes, une hétérogénéité importante se fait jour entre les différents pays du Vieux continent. "Le modèle tenant compte des spécialisations sectorielles et de la structure du commerce international de chaque pays, explique pourquoi les plus utilisateurs d’intrants russes (dont l’énergie) seront plus impactés", indiquent les auteurs. C’est ainsi que la Lituanie verrait ses habitants supporter un coût de 1745 euros par an quand les Danois enregistreraient un gain de 12 euros. Les Français et les Allemands, eux, se situeraient au milieu (54 euros et 125 euros respectivement). En comparaison, le coût supporté par un Russe serait en moyenne de 534 euros ; cela serait le reflet de la forte dépendance de l'économie russe à ses exportations d'hydrocarbures.

D’une part, c’est notamment au travers des réallocations internationales que les effets négatifs seraient atténués pour les Européens. "Pour les énergies, le Canada peut vendre davantage d’électricité aux États-Unis, qui peuvent alors vendre plus de gaz à le France qui peut alors vendre plus d’électricité à l’Allemagne", détaillent Fabien Tripier et François Langot. D’autre part, des effets de substitution émergent, selon les auteurs : "spécifiquement à chaque pays, les ménages et les entreprises achètent moins de l’énergie devenue rare et chère, l’utilisant là où elle est la moins substituable", analyse l’étude.

Attention, les deux économistes reconnaissent que le modèle qu’ils utilisent comporte des limites non négligeables. Il est ainsi supposé que l’électricité puisse se substituer au gaz au sein de nombreux processus de production, ce qui n’est pas le cas dans l’industrie chimique par exemple. Par ailleurs, ne sont pas intégrés, entre autres, "les coûts d’ajustement liés aux réallocations des facteurs entre les secteurs".

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