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Le monde de l’énergie face à un nœud gordien / Les marchés associés sont à la merci d'une crise quelconque
"Il y a maintenant beaucoup de contraintes… un événement inattendu aujourd’hui créerait un équilibre différent." Les déclarations du PDG de Chevron, à l’occasion de la CeraWeek sont pour le moins prudentes et représentatives des craintes d’un secteur tout entier. Joe Biden, président des États-Unis, en particulier lui qui tente depuis des mois d’infléchir tant sur la production de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) que sur celle de ses propres compagnies pétrolières.
Il y a un an déjà, nous vous rapportions que le président américain fustigeait les acteurs du secteur pétrolier. Il reprochait alors à ces derniers de "réaliser des bénéfices extraordinaires sans faire d’investissements supplémentaires pour contribuer à l’approvisionnement". Une année s’est écoulée et il n’est parvenu ni à instaurer une contrainte légale, ni à trouver des oreilles attentives.
Pain noir
Il faut dire que le secteur ne souhaite pas manger à nouveau son pain noir, les profits enregistrés étant à leurs yeux un juste retour des choses après des années de vaches maigres. Les investissements à déployer pour augmenter la production seront dans tous les cas longs à produire des effets. Notamment en ce qui concerne le gaz naturel liquéfié (GNL) et donc l’Europe.
Un défi important pour le Vieux continent et qui pourrait durer. Anders Opedal, PDG du spécialiste norvégien de l’énergie Equinor, estime qu’essayer "de remplacer 150 milliards de mètres cubes de gaz [russe] est une tâche énorme. Je suis impressionné par la manière dont l’Europe a fait face à la situation". Cependant dans les propos rapportés par Reuters, il nuance cette réussite en rappelant qu’actuellement il s’agit de "la même incertitude que nous avons connue avant cet hiver [qui] se répétera en 2024. Et probablement aussi en 2025. Ce n’est qu’en 2026-2027 que nous verrons de nouvelles sources d’énergie significatives en provenance des États-Unis et du Qatar."
Absent de marque
De nombreuses personnalités de premier rang étaient conviées à la grand-messe de l’énergie, mais Moscou a brillé par son absence. Notamment à la suite de son annonce récente de réduction de sa production (5 %). Pour l’instant l’Opep ne compte pas augmenter sa production pour compenser cette baisse.
Le rival russe absent, les officiels américains n’ont pas manqué de se féliciter des mesures visant à plafonner le prix du pétrole russe. Amos Hochstein, le conseiller principal américain à la sécurité énergétique mondiale, arguant à Houston que "la beauté du processus est qu’il fonctionne et que le pétrole et les produits russes sont échangés en dessous du plafond des prix." Si Washington a du mal à faire entendre sa voix auprès des différents acteurs du secteur, la Maison Blanche ne souhaite pas faire preuve de laxisme pour autant et vient de faire preuve de fermeté sur le dossier vénézuélien (les Etats-Unis ne prévoient pas un assouplissement des sanctions visant le pétrole produit par Caracas).
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