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Malgré l’obstination de Trump, Joe Biden passe à l’action
Cela fait 40 ans qu’il attend ce moment, et il n’a pas l’intention de perdre une minute. Élu 46ème Président des États-Unis au terme d’un suspense de près de quatre jours, Joe Biden est déjà passé à la vitesse supérieure. Dans son discours de victoire samedi soir, qui promettait la réconciliation et l’unité dans le pays, il avait annoncé qu’il allait constituer un comité de scientifiques pour le conseiller sur la gestion de la pandémie, qui flambe à nouveau dans le pays. C’est déjà chose faite : lundi matin, un groupe de 13 experts a été officiellement nommé. Il inclut Rick Bright, un ancien haut membre du ministère de la Santé (Department of Health and Human Services) et lanceur d’alerte, qui a accusé l’administration Trump d’avoir ignoré ses avertissements sur la sévérité du virus, au début de la pandémie. L’équipe Biden montre ainsi la priorité absolue accordée à la crise Covid, alors que le pays affiche le plus lourd tribut de la planète – plus de 230.000 morts – et subit actuellement une violente résurgence, avec un record de plus de 100.000 cas par jour depuis près d’une semaine. Un message d’autant plus symbolique que le laboratoire Pfizer vient d’annoncer le succès de son vaccin en phase 3, faisant bondir l’ensemble des Bourses mondiales hier.
En parallèle, l’équipe du nouveau Président travaille d’arrache-pied à la transition du pouvoir, et la constitution d’une nouvelle équipe gouvernementale. Et cela, malgré l’obstination forcenée de Donald Trump, qui refuse de concéder la victoire et d’inviter son adversaire à la Maison Blanche, comme le veut la coutume. Au plan légal, son opposition n’empêche en rien le déroulement des prochaines étapes.
Tout d’abord, les grands électeurs vont se réunir dans chaque État pour choisir le Président de leur bord le 14 décembre prochain. En principe, la Géorgie devrait revenir à Joe Biden, si bien que le nouveau Président afficherait 306 grands électeurs, bien au-dessus du seuil des 270 grands électeurs requis. Ensuite, le Sénat nouvellement élu se réunira le 6 janvier pour compter ces voix, et le Président du Sénat, qui n’est autre que l’actuel vice-Président Mike Pence, annoncera le nom du nouveau chef de l’exécutif américain. La cérémonie d’investiture de Joe Biden se tiendra deux semaines plus tard, le 20 janvier, lorsqu’il prêtera serment.
Par ailleurs, le nouveau Président va rapidement constituer sa garde rapprochée, à savoir son directeur de cabinet (chief of staff), et ses principaux ministres. Ces nominations, en particulier le ou la Secrétaire au Trésor et au Commerce, seront scrutées de près, afin de déterminer l’influence des progressistes - l’aile gauche du parti démocrate - dans la nouvelle administration. Or, cette équipe doit être approuvée par le Congrès et notamment à la majorité simple du Sénat, qui est aujourd’hui dirigé par le leader républicain, Mitch Mc Connell (il vient lui-même d’être fraîchement réélu comme sénateur du Kentucky). Les équipes de Joe Biden sont déjà en pourparlers avec ce dernier, qui est dans une position délicate étant donné le refus de Donald Trump de reconnaître sa défaite, mais a assuré une transition pacifique du pouvoir. Pour obtenir le feu vert du Sénat, la nouvelle administration pourrait donc choisir des profils plus modérés, au détriment de candidatures emblématiques, comme celle d’Elizabeth Warren au Trésor.
Reste une grande inconnue, la prochaine couleur politique du Sénat. La chambre Haute vit une situation inhabituelle : deux sièges de sénateurs de Géorgie n’ont pas été attribués lors de cette élection car aucun candidat n’a franchi le seuil requis de 50 % des voix. Un deuxième scrutin est donc prévu le 5 janvier prochain. Si les républicains gagnent les sièges de l’Alaska et de la Caroline du Nord, ce qui est attendu, ils auront une avance à 50 sénateurs, contre 48. Si les démocrates emportent ces deux sièges, le Sénat sera divisé en deux, à 50-50, mais c’est la voix de la Présidente du Sénat, soit la vice-Présidente Kamala Harris, qui serait déterminante et ferait donc pencher le Sénat côté démocrate. Joe Biden aurait alors un Congrès de son bord pour faire passer son programme. A l’inverse, un Sénat républicain l’obligerait à faire d’importantes concessions pour faire voter un plan de relance, ou une réforme fiscale.
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