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Élections US : pourquoi Joe Biden y croit
Les QG de chaque campagne vivent de véritables montagnes russes d’émotion depuis deux jours. Mardi soir, l’espoir d’une vague bleue de Joe Biden a volé en éclat, mais mercredi, le candidat démocrate a gagné deux Etats clés du Midwest, le Michigan et le Wisconsin. A ce stade, il mène avec 153 grands électeurs contre 113 pour Donald Trump et son retard s’est considérablement réduit dans les autres "swing states".
Voici un état des lieux de la situation à jeudi matin, heure de New York : Joe Biden continue de mener dans l’Arizona, même si son avance s’est réduite de 8 à 2 points, et dans le Nevada. De son côté, Donald Trump fait toujours la course en tête en Caroline du Nord, en Alaska, en Pennsylvanie et en Géorgie, mais a également nettement perdu du terrain dans ces deux derniers Etats.
Les stratégies des deux campagnes ne pourraient être plus différentes à ce moment de l’élection. D’un côté, Donald Trump a à nouveau ordonné d’arrêter de compter les voix par un tweet ce jeudi matin et sa campagne multiplie les recours en justice dans les Etats clés. De l’autre, dans un discours mercredi, Joe Biden s’est dit confiant dans sa capacité à remporter l’élection, mais a appelé à compter toutes les voix et laisser le processus démocratique se dérouler.
Depuis mardi soir, la campagne démocrate est optimiste sur un État déterminant, et qui était pourtant bien mal engagé pour eux : la Pennsylvanie. Cet État a dépouillé les votes à distance – plus favorables aux démocrates – après ceux des bureaux de vote. Et Joe Biden a depuis rattrapé une grande partie de son retard notamment grâce à Philadelphie, en particulier les votes Noirs dans cette ville où le mouvement Black Lives Matter est très actif. Les démocrates misent donc sur la Pennsylvanie, qui avec ses 20 grands électeurs, peut faire passer à Joe Biden le seuil des 270 grands électeurs, et devenir le 46ème Président des Etats-Unis.
Pour Donald Trump, l’équation est beaucoup plus compliquée car il n’a plus d’autre choix que de remporter la Pennsylvanie, la Caroline du Nord et la Géorgie, mais aussi refaire son retard pour gagner le Nevada. Et alors que ses chances m’amenuisent, ses équipes multiplient les actions en justice : elles en ont lancé dans quatre Etats clés pour le moment (Géorgie, Pennsylvanie, Michigan et Nevada), pour contester la réception des votes jusqu’au 6 novembre, ou encore la méthode officielle de décompte.
On voit donc toute l’importance pour Joe Biden de remporter non seulement la Pennsylvanie, mais aussi d’autres Etats clés qui conforteraient son avance en nombre de grands électeurs, mais aussi ses chances de gagner en justice. Jusqu’à présent, les poursuites de la campagne Trump, en Pennsylvanie par exemple, ont été retoquées. Les chances de gagner l’élection présidentielle devant les tribunaux seraient nettement réduites si Donald Trump devait obtenir des jugements favorables dans plusieurs États. Quoi qu’il arrive, le Président et ses proches semblent déterminés à faire valoir leurs requêtes en justice, ce qui devrait encore prolonger l’incertitude de quelques semaines.
Pendant ce temps, Wall Street n’a pas cillé mercredi dans la foulée de cette soirée électorale mouvementée. Hier, le S&P 500 a gagné plus de 2 % et est à nouveau en hausse de 2 % ce jeudi matin. Les marchés voient l’évolution de la situation d’un bon œil : un Président démocrate, et un Congrès qui est en bonne voie pour être divisé entre une Chambre démocrate et un Sénat républicain. Mais cette dernière course a aussi réservé des surprises : en Géorgie, aucun des deux candidats au Sénat n’a réussi à franchir la barre des 50 %, si bien qu’ils s’affronteront lors d’un nouveau scrutin le 5 janvier prochain. Or, ce dernier siège sera crucial car il pourrait permettre aux démocrates de renverser le Sénat en leur faveur en début d'année prochaine. En tout état de cause, les investisseurs ont une patience limitée. Wall Street pourra attendre le décompte final du scrutin quelques jours, mais si les actions en justice jettent l’incertitude sur l’élection pendant plusieurs semaines, un krach n’est pas à exclure.
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