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Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Donald Trump / Joe Biden

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Etats-Unis / Donald Trump / Joe Biden

Kamala Harris, le choix de la raison - et de l'inspiration

Mardi soir, le candidat à l’élection présidentielle Joe Biden a annoncé avoir choisi la sénatrice californienne Kamala Harris, ancienne concurrente lors de la primaire, comme vice-présidente. Une première femme noire à ce poste, mais aussi un choix politique sensé qui fait la joie de Wall Street et de la Silicon Valley.
Drapeau américain - Etats-Unis - bar
Drapeau américain - Etats-Unis - bar

Aux États-Unis, le moment tant attendu par le camp démocrate est enfin arrivé. Après une primaire moribonde et entravée par la crise du coronavirus, Joe Biden a enfin annoncé par un texto son choix de vice-présidente : Kamala Harris, la sénatrice noire de Californie, qui était une de ses concurrentes lors de la primaire mais n’a jamais réussi à décoller dans les sondages. L’occasion de créer l’actualité et de braquer enfin le projecteur sur sa candidature, alors que Donald Trump avait pris le devant de la scène – avec des déclarations qui lui ont parfois coûté cher - depuis le début de la pandémie.

Si Kamala Harris faisait figure de favorite, ce choix ne doit bien sûr rien au hasard. Il est à la fois celui de la raison et du message politique. D’une part, la sénatrice a une réputation de femme modérée, en particulier sur les sujets cruciaux pour Wall Street, comme la taxation des riches et la régulation financière. Les grands financiers américains n’avaient qu’une seule crainte, que l’avance prise par Bernie Sanders au début de la primaire n’incite l’ancien vice-président de Barack Obama à choisir un bras droit très progressiste. En particulier Elizabeth Warren, la sénatrice du Massachussets elle aussi ex-candidate, connue pour ses positions très tranchées en faveur de la scission des banques systémiques et des GAFA, ou encore d’une taxe sur les grandes fortunes. Néanmoins pendant la primaire, Kamala Harris avait elle aussi indiqué vouloir assurer la transition vers un système de santé publique, qui serait financé par une taxe sur les transactions financières, de 0,2 % pour les actions, 0,1 % pour les obligations et 0,02 % pour les dérivés. Une idée que Joe Biden n’a jamais totalement éludée, même s’il est resté plus évasif.

En second lieu, Joe Biden envoie ici un message politique essentiel. Dans un contexte influencé par le mouvement MeToo, puis plus récemment par celui de Black Lives Matter, Joe Biden avait promis de choisir une femme. Et une femme noire était attendue pour promouvoir la diversité, mais aussi asseoir l’avantage pris par le candidat démocrate auprès des électeurs noirs – et en particulier des femmes noires – dans l’élection. Ce dernier a finalement décidé d’oublier les vives critiques émises à son encontre par son ancienne rivale lors de la primaire, et de rallier une personnalité pugnace, mais aux vues politiques nuancées, à sa cause. Dans cette campagne très particulière, le choix de la vice-présidente a donc favorisé le genre et la race, plutôt qu’un profil issu d’un État plus conservateur, qui aurait aidé Joe Biden dans des régions moins favorables aux démocrates. Néanmoins, la Silicon Valley a elle aussi applaudi la nomination de la sénatrice californienne, qu’ils connaissent bien et qui semble moins encline à perturber les champions locaux de la tech.

Le choix d’un alter-ego idéologique, alors que le parti démocrate penche à gauche, sera-t-il une bonne stratégie ? Ces derniers mois, Donald Trump a perdu beaucoup de terrain en raison de sa gestion de la crise du coronavirus tout d’abord, qu’il a d'abord sous-estimée, puis sur laquelle il fait de nombreux revirements, sans parler des réouvertures précoces et catastrophiques de certains Etats. Mais aussi sa gestion des manifestations contre les violences policières, battant en brèche les problèmes de racisme. Lors d’un dernier sondage, Joe Biden affichait une avance de 10 points, avec 51 % de sondés qui le soutiennent, contre 41 % pour Donald Trump au plan national, mais l’élection se jouera dans quelques Etats clés. Il sera donc crucial d’y voir l’impact de la nomination de la vice-présidente sur les électeurs de ces "swing states".

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