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Élections US : Elizabeth Warren, éminence grise de la campagne Biden ?

Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Joe Biden / Elizabeth Warren / Elections

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La montée en puissance de Joe Biden inquiète Wall Street

L’ancienne candidate à la présidentielle influence les propositions de Joe Biden, notamment son plan de 2.000 milliards de dollars pour le climat. Ce qui n’est pas pour rassurer les patrons qui l’ont soutenu face à elle pendant la primaire, ni les marchés à Wall Street.
NYSE - bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis
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Après plusieurs mois quasiment inaudibles face à un Donald Trump omniprésent pendant la crise sanitaire, Joe Biden est revenu sur le devant de la scène ces dernières semaines. Début juillet, il a ainsi annoncé un plan qui vise à réinvestir et promouvoir la production industrielle américaine avec le slogan "Build Back Better", destiné à contrer le "Keep America Great" de la campagne Trump, sur le sujet du patriotisme économique qui est pour l’instant favorable au Président sortant. Tout récemment, il a également officialisé un plan de lutte contre le changement climatique de 2.000 milliards de dollars, visant la neutralité carbone du pays d’ici 2035 via des investissements ambitieux dans les infrastructures et les cleantechs. Deux programmes qui semblent influencés par une autre personnalité marquante de cette campagne : Elizabeth Warren.

La sénatrice du Massachussets avait appelé de ses vœux ce type d’engagement environnemental et sa patte se retrouve dans d’autres propositions de Joe Biden : il a soutenu son plan de réforme des faillites personnelles, avec notamment un moratoire sur la dette étudiante, ou encore l’augmentation de 200 dollars des allocations de Sécurité sociale pendant la crise. Des initiatives qui montrent à quel point la campagne démocrate a basculé à gauche, sous l’influence d’Elizabeth Warren et de Bernie Sanders pendant la primaire.

Or, cet ancrage à gauche n’est pas pour rassurer les grands patrons qui sont ses soutiens de la première heure et sont déjà très inquiets de l’impact de la crise sanitaire sur l’économie, sans parler de la résurgence de cas Covid-19 outre-Atlantique. Le CEO des hôtels Marriott, Arne Sorenson, s’est ainsi dit "moins optimiste qu’il y a 30 jours", tout comme le patron de la compagnie aérienne Delta, Ed Bastian qui a dit "être plus prudent qu’il y a quatre semaines". Des propos qui font écho à ceux des dirigeants bancaires la semaine passée, dont les institutions ont passé des montants record de provisions et qui laissent à penser que le pire est encore à venir aux États-Unis.

Dans ce contexte, les patrons de Wall Street mais aussi de la Silicon Valley ne voient pas d’un bon œil le virage socialiste pris par Joe Biden, lui qui était un choix du statu quo et d’une politique plus libérale, dans la lignée de la présidence Obama. Elizabeth Warren plaide pour une scission des banques systémiques et des grandes entreprises tech afin de réduire leur position dominante, ce qui a fait bondir les intéressés et pourrait redevenir d’actualité. Eric Schmidt, l’ancien CEO de Google, a de nouveau adressé la question dans une interview, jugeant qu’une telle scission reviendrait à décider d’une hausse des prix des iPhone.

En raison du poids financier de ces très généreux donateurs, Joe Biden ne formulera pas de proposition aussi extrême dans sa campagne. Mais son programme à gauche risque sans aucun doute de déplaire à Wall Street, qui a caracolé ces dernières années grâce aux réformes fiscales de l’administration Trump, jusqu'à la crise sanitaire. Dopés par des milliards de dollars de liquidités déversés par les banques centrales et les gouvernements, les marchés US misent pour le moment sur une reprise rapide, mais les nuages s’amoncellent : des résultats semestriels impactés par la crise, mais aussi une possible élection de Joe Biden. Car ils vont devoir intégrer la position de leader prise par Joe Biden - il affiche une avance de 15 points dans le dernier sondage ABC News/Washington post - une issue qui leur serait bien moins favorable qu’une réélection de Donald Trump.  

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