Le chef de l'antitrust américain soupçonné de conflit d'intérêts
La lutte contre les GAFA s'amplifie au fur et à mesure que l'élection américaine se rapproche. Aux États-Unis, s'emparer du sujet s'avère payant quel que soit son bord politique. Ainsi Donald Trump ne s'en prive pas et Elizabeth Warren non plus. La sénatrice et candidate démocrate vient de demander par courrier au procureur général adjoint Makan Delrahim - qui supervise la division antitrust au ministère de la Justice - de "se récuser" dans les enquêtes portant sur Google et Apple.
Elizabeth Warren dénonce un potentiel conflit d'intérêts car le service de Makan Delrahim dirige l'examen des pratiques anticoncurrentielles présumées des deux groupes. Or le patron de l'antitrust a été auparavant un ardent défenseur des géants de la tech, exerçant comme lobbyiste pour faire pression sur le gouvernement en faveur de Google et Apple.
En 2007, il a obtenu des autorités qu'elles donnent leur feu vert au rachat par Google de la société de publicité en ligne DoubleClick (pour 3,1 milliards de dollars), empochant 100.000 dollars pour ce service. L'année précédente, c'est Apple qui avait profité de ses talents, le rémunérant 20.000 dollars. La nomination de Makan Delrahim à l'antitrust en mars 2017 avait déjà fait des remous. À l’époque, Elizabeth Warren avait d'ailleurs réussi à retarder le vote approuvant sa nomination. Pour elle, sa candidature était la preuve que l'administration de Trump "ferait passer les intérêts des grandes entreprises avant ceux du peuple américain ".
Ce courrier de la sénatrice du Massachusetts arrive quelques jours après que les deux grandes autorités de la concurrence américaines ont décidé de se répartir les investigations concernant les pratiques des GAFA. Le ministère de la Justice examinera la situation de Google et d'Apple, tandis que la Federal Trade Commission sera en charge d'Amazon et Facebook. À ces différentes enquêtes s'ajoute également celle de la Chambre des représentants, qui étudie aussi les questions de concurrence dans l'industrie technologique.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

