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IPO / Régulation / Sur les marchés / Facebook / Google / Amazon / Nasdaq / Apple / Concurrence

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La correction administrée aux géants américains de la tech

Le Nasdaq est entré en phase de correction lundi, car l’étau de la régulation se resserre autour des GAFA. Les autorités fédérales fourbissent une série de nouvelles armes législatives, et visent en particulier Google et Facebook.
GAFA - Google Amazon Facebook Apple
GAFA - Google Amazon Facebook Apple

Les marchés américains sont bien en peine ces dernières semaines, mais la guerre commerciale alimentée par Donald Trump avec la Chine, l’UE ou maintenant le Mexique n’en sont pas les seules raisons. Lundi, c’est le Nasdaq qui a été sévèrement sanctionné par les investisseurs : il a chuté de 1,6 % et est même entré en phase de correction puisqu’il est désormais inférieur de plus de 10 % par rapport à son dernier point haut, au mois d’avril. La déconfiture a été particulièrement importante pour Facebook et Alphabet, en baisse de respectivement 7,5 % et 6,1 % sur une seule séance, mais aussi Amazon, à -4,6 %.

Pourquoi les GAFA ont-ils été aussi violemment délaissés par les investisseurs ? Les prémices remontent au mois de mars, lorsque la sénatrice du Massachussets et candidate à l’élection présidentielle Elizabeth Warren a publié une tribune pour appeler à la scission des grands groupes tech américains, devenus trop puissants et monopolistiques. L’intéressée est une habituée de ce genre de discours, qu’elle tient également à l’égard des grands établissements bancaires, si bien que les marchés l’ont interprété comme de la rhétorique.

Mais l’étau semble se resserrer autour des GAFA, au sein même de leurs marchés domestiques. Vendredi, on apprenait que le Département de la Justice s’apprêtait à lancer une enquête antitrust sur Google, ses détracteurs affirmant depuis plusieurs années que le groupe de Mountain View utilisait son moteur de recherche leader pour favoriser ses propres contenus et services. Le régulateur cherche également à définir si Google profite aussi de sa position et manquait de transparence sur le marché de la publicité digitale.

Lundi, c’est Facebook qui était sous les feux de la rampe, le Wall Street Journal ayant révélé que la Federal Trade Commission allait de son côté focaliser son investigation sur Facebook et ses pratiques anticoncurrentielles, mais aussi établir si ses acquisitions historiques de Whatsapp et Instagram auraient dû être boycottées car elles ont donné lieu à un monopole trop important sur le secteur des réseaux sociaux. La Federal Trade Commission avait déjà conduit une enquête sur Google, mais qui avait finalement conduit à un non-lieu en 2013. Même menace en cours pour Amazon, qui relève aussi de la juridiction de la FTC, cette dernière ayant néanmoins approuvé l’acquisition de Whole Foods en 2017. Google et Apple seront de leur côté jugés par le Département de la Justice.

Les géants US de la tech préparent leurs ripostes depuis plusieurs mois maintenant, et n’ont pas lésiné sur leur lobbying : le secteur a dépensé 77,9 millions de dollars pour défendre ses intérêts l’an passé, contre 16,4 millions il y a dix ans, selon le Center for Responsive Politics. Tout l’enjeu est de savoir si ces services, qui permettaient au départ de connecter des personnes et d’accéder à nombre de services gratuitement, ont accédé à une taille critique qui leur donne trop de pouvoirs, et ont par conséquent éliminé toute autre concurrence dans le secteur. Une chose est sûre : la tech qui était une valeur refuge en période de tensions commerciales sur les marchés, ne l’est définitivement plus.

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