Fusions, Acquisitions / Régulation / Concurrence
Fusions, Acquisitions
Régulation / Concurrence
T-Mobile-Sprint : pourquoi les autorités antitrust voient rouge
Une nouvelle fusion géante des télécoms est sur le point d’obtenir une fin de non-recevoir de la part de l’administration Trump. Selon le Wall Street Journal, la fusion à 26 milliards de dollars entre T-Mobile et Sprint, annoncée il y a tout juste un an, a du plomb dans l’aile dans la mesure où les représentants du Département de la Justice auraient annoncé qu’ils ont l’intention de bloquer cette opération. Lors d’une réunion au début du mois, les représentants de l’institution auraient ainsi émis des doutes sur les gages fournis par les deux sociétés pour démontrer que la nouvelle entité ne représenterait pas une menace importante à la concurrence sur le secteur.
Certes, aucune décision n’a été formellement prise pour le moment mais ce dossier rappelle bien sûr celui de la fusion à 85,4 milliards de dollars entre AT&T et Time Warner. Le Président américain avait copieusement critiqué ce deal publiquement, et le Département de la Justice avait ensuite non seulement émis un veto sur l’opération, mais en outre l’avait attaqué en justice. Mais un juge fédéral a rejeté les arguments de l’institution, selon lesquels cette transaction allait nuire à la concurrence, position qui a été confirmée par une cour d’appel en février dernier.
Mais la fusion entre Sprint et T-Mobile, les troisième et quatrième opérateurs télécoms du pays, est certes différente car il s’agit d’une fusion purement horizontale entre deux concurrents directs, ce qui pourrait impacter les prix pour le consommateur final. Les procureurs généraux de plusieurs États américains, également saisis du dossier, auraient d’ailleurs déjà prévu de poursuivre le deal en justice, même si l’institution fédérale ne s’y résout pas. Rien n’est joué à l’heure actuelle : les responsables du Département de la Justice en charge de la décision pourraient aller à l'encontre de la recommandation de leurs employés, et finalement donner leur feu vert. Une hypothèse envisageable surtout si les deux acteurs apportent plus de concessions comme des ventes d’actifs.
Pour rappel, T-Mobile USA, filiale de Deutsche Telekom, et Sprint, contrôlée par le japonais Softbank, avaient annoncé leur fusion en avril 2018, expliquant qu’elle leur permettrait d’investir plus rapidement dans les fréquences 5G et de prendre de court leurs concurrentes Verizon et AT&T. Un compromis majeur pour Masayoshi Son, le CEO de Softbank qui avait investi massivement dans l'opérateur télécom depuis 2012. Après avoir annoncé un closing en avril 2019, les deux parties ont pour le moment décalé la finalisation à juillet, mais pourraient revoir ce calendrier, voire les fondamentaux de cette opération. La consolidation américaine des télécoms est, on le voit, aussi complexe aux États-Unis qu’en France, et un retour à trois opérateurs ne pourrait pas voir le jour de sitôt, si les autorités antitrust en décident ainsi.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

