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Google : la "tax lady" de Bruxelles a encore frappé
Voilà qui devrait faire plaisir à Emmanuel Macron, très remonté contre le monopole des GAFA et qui tente depuis plusieurs mois de faire adopter par les 27 de l'UE une proposition de taxe sur les géants du numérique. La Commission européenne a condamné Google à une amende de 4,34 milliards d'euros pour avoir contrevenu aux règles européennes en matière de concurrence avec son OS mobile Android. Selon Bruxelles, le géant de Mountain View, dont le système d'exploitation équipe aujourd'hui 77% des smartphones dans le monde, contre 19% pour son concurrent Apple, a volontairement empêché l'émergence de systèmes alternatifs. Notamment en forçant les autres fabricants de téléphones portables à installer son propre moteur de recherche par défaut pour pouvoir bénéficier du PlayStore, la boutique en ligne de Google permettant d'acheter des applications.
L'amende infligée est la plus importante jamais prononcée par Bruxelles concernant ce type d'infractions depuis le précédent record de juin 2017. C'est Google déjà, qui avait été condamné à payer 2,4 milliards d'euros pour avoir favorisé Google Shopping, son comparateur commercial, au détriment des autres sur son moteur de recherche. Plus tôt, en 2009 Intel avait été condamné à verser 1 milliard d'euros, pour avoir volontairement empêché le développement de son concurrent de l'époque, AMD.
Si Google a immédiatement répliqué après l'annonce de la Commission cet après-midi, estimant que son système Android avait au contraire permis davantage de choix pour tout le monde, et décidé par conséquent de faire appel, la décision de Bruxelles a une portée toute symbolique. Elle est la preuve que l'Europe n'hésite désormais plus à hausser le ton pour défendre ses principes de libre-échange, qui plus est en pleine guerre commerciale.
Derrière cette amende historique, une femme de fer, désormais bien connue des multinationales américaines, qui redoutent désormais ses décisions : Margrethe Vestager. Surnommée "tax lady" par le Président américain et commissaire à la concurrence depuis 2014, la Danoise n'en est effectivement pas à son premier coup de sang contre les GAFA. En 2016, elle avait condamné Apple à verser 13 milliards d'euros à l'Irlande, pour compenser ses cadeaux fiscaux. Depuis, cette fille de pasteurs de tout juste 50 ans n'a eu de cesse d'épingler les entreprises américaines ne respectant pas les règles de concurrence européennes. En mai 2017, Facebook est condamné à une amende de 110 millions d'euros pour avoir fourni des informations trompeuses sur son projet d'acquisition de la messagerie mobile WhatsApp en 2014. Puis c'est au tour d'Amazon, épinglé en octobre dernier pour avoir bénéficié d'avantages fiscaux illégaux de la part du Luxembourg, et condamné à rembourser 250 millions d'euros.
Si certains redoutent que son intransigeance ne fasse fuir les multinationales, sa fermeté a le mérite de montrer que l'Europe sait aussi punir et se défendre, quand de nombreuses entreprises du Vieux Continent sont fréquemment épinglées par le régulateur américain.
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