Régulation / Concurrence / Margrethe Vestager / Alstom-Siemens / commission européenne
Régulation / Concurrence
Margrethe Vestager / Alstom-Siemens / commission européenne
Les mots de Margrethe Vestager
Celle dont on se souvient pour avoir infligé une amende record de 4,34 milliards d’euros à Google - pour abus de position dominante - est venue s’exprimer devant la presse en début d’après-midi après sa rencontre avec le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire et des syndicats français et belges d’Alstom. Malheureusement, Margrethe Vestager “ne dira rien sur une décision encore en cours de discussions”.
Car toutes les questions ont bien sûr porté sur le futur mariage, dont tout le monde suppose l’annulation proche, le 18 février prochain lorsque la Commission européenne rendra son verdict. L’ex-ministre danoise a rappelé à maintes reprises l’importance d’une “concurrence loyale au sein de l’Union européenne [...] car l’innovation et les prix justes doivent être au cœur du droit européen sur la concurrence”. Quelques chiffres ensuite, “je tiens à vous rappeler qu’en 30 ans, 600 deals ont été approuvés, contre seulement 27 de bloqués”. La commissaire est restée essentiellement neutre, et n’a laissé aucun élément permettant d’envisager la future décision.
Les syndicats français et belges ont quant à eux indiqué qu’ils avaient “redit” leur opposition au projet de fusion entre le groupe français et l’allemand Siemens. Les syndicats ont expliqué à la commissaire qu'ils n'étaient "pas contre une consolidation du marché européen (de l'industrie du) ferroviaire mais" hostiles à "ce pseudo-rapprochement", notamment parce qu'ils n'ont "toujours aucune information" sur les quelque 500 millions de synergies prévues, a déclaré Claude Mandar, délégué syndical central CFE-CGC d’Alstom. "Nous lui avons également rappelé que cette consolidation amènerait certainement une accélération de l'entrée de nos concurrents chinois en Europe plutôt que de les repousser", a-t-il souligné.
Dans un entretien dans le Journal du Dimanche hier, Bruno Le Maire répétait son soutien au projet, “je la verrai à nouveau demain (lundi) matin pour discuter de la politique de concurrence et redire à quel point la France est attachée à cette fusion". "La révolution géopolitique en cours se traduit par l’émergence de champions industriels que personne n’avait vu venir. Dans le ferroviaire, c’est le cas avec le géant chinois CRRC qui dispose d’un marché intérieur gigantesque", souligne-t-il. "Il faut adapter nos règles de la concurrence du XXe siècle à la réalité industrielle du XXIe siècle."
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