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Fusions, Acquisitions / Alstom-Siemens / Margrethe Vestager

Fusions, Acquisitions
Alstom-Siemens / Margrethe Vestager

Alstom-Siemens : Bruxelles contre l’Europe

La Commission européenne semble rester insensible aux concessions annoncées par Alstom et Siemens afin de pouvoir créer un Airbus du rail. De facto les fonctionnaires européens font le jeu des concurrents chinois. Un triste gâchis.
Margrethe Vestager - commissaire à la concurrence
Margrethe Vestager - commissaire à la concurrence

La Commission européenne est l’organe exécutif de l’Union européenne. C’est elle qui s’assure du bon fonctionnement du marché unique européen. Soit. Au sein de cette commission, il existe une commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, fille de pasteur luthérien. C’est sous sa direction des services de la concurrence qu’Apple a été sanctionné pour ses pratiques fiscales et Google pour des positions jugées abusives.

Qu’une fonctionnaire européenne se batte contre des groupes étrangers qui contribuent à la distorsion de la concurrence, c’est son job. Mais que cette même personne, dont le but est de faire de l’Europe une puissance économique forte face aux défis du monde d’aujourd’hui avec notamment les Gafas américains et les géants chinois, fasse tout pour empêcher deux groupes européens de fusionner, c’est incompréhensible. À croire que personne n’a tiré la leçon du refus de la fusion Schneider-Legrand qui a permis ensuite à l’Américain KKR de faire une superbe opération financière avec Legrand.

Le Français Alstom et l’Allemand Siemens Mobility ont annoncé ce matin avoir proposé de nouvelles concessions à Bruxelles afin de pouvoir concrétiser leur mariage. Une tentative de dernière minute qui pourrait bien intervenir trop tard. Ce matin, les deux groupes expliquent avoir modifié les remèdes (ou cessions) précédemment proposés aux autorités européennes afin d’apaiser leurs inquiétudes quant au manque de concurrence qui découlerait de l’opération. Cet ensemble de remèdes préserve les fondamentaux économiques et industriels de la transaction, ont indiqué les deux groupes, ajoutant qu'il portait sur près de 4 % du chiffre d'affaires de l'entité combinée.

Toutefois, ces propositions pourraient arriver bien trop tard et être insuffisantes pour satisfaire à la doxa aberrante de Madame Vestager. Celle-ci s’est même ouvertement plainte qu’on ne lui a jamais envoyé aussi tard des remèdes. "Vendredi, le jour où des changements ont été apportés à certains des remèdes proposés, c'était le 110 ème jour de notre procédure, et je n'avais jamais vu ça", a poursuivi la commissaire européenne à la Concurrence. C’est-à-dire que Madame Vestager, qui n’est soumise à aucun contre-pouvoir, s’apprête à empêcher la création d’un Airbus du rail, pour des petites contrariétés personnelles.

Il faut désormais attendre le 18 février pour avoir le verdict final de cette commissaire à la concurrence. Un verdict qui aura été formulé dans le secret de son cabinet. Faut-il que les institutions européennes soient bien malades pour que ceux qui les font fonctionner jouent contre leur camp !

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