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Oslo Bors : tout n'est pas perdu pour Euronext
Depuis Noël dernier, date à laquelle Euronext a dévoilé son intention de soumettre une OPA de 625 millions d’euros au prix de 145 couronnes par action pour acquérir la Bourse d’Oslo, l’opérateur boursier paneuropéen et le Nasdaq se livrent une guerre d’enchères.
D’abord le 30 janvier dernier lorsque le Nasdaq a soumis une offre de 152 couronnes par action, qui valorise Oslo Bors à 673 millions d’euros, et bénéficie depuis du soutien unanime du conseil d’administration. Puis au début du mois de février lorsqu'Euronext a décidé de relever son offre à 695 millions d’euros, proposant désormais un prix de 158 couronnes. Enfin lundi, la bourse américaine a relevé à son tour son offre pour s’aligner exactement sur le prix proposé par son concurrent.
L’alignement du Nasdaq sur les éléments d’Euronext ne modifie pas grand chose à l’histoire, celle d’un conflit interne entre le board et les porteurs de parts de la place norvégienne, sur fond des leçons de morale données par le fonds souverain norvégien quant aux bonnes pratiques de gouvernance. Parmi les actionnaires qui soutiennent le Nasdaq, ce sont bien les autorités norvégiennes que l'on retrouve. Notamment la plus grande banque et entreprise du secteur financier de Norvège DnB NOR, dont le principal actionnaire est le ministère norvégien du Commerce et de l’Industrie (à hauteur de 34 %) ainsi que le fonds de pension public norvégien KLP.
S'il se heurte aux réticences des dirigeants de la Bourse d'Oslo, Euronext a su lui, sécuriser plus de 50,5 % du capital - que ce soit en acquisition directe d’actions ou au travers du bénéfice de promesses de ventes irrévocables dont l’échéance a même été reportée à fin décembre pour 22 actionnaires - et se trouve ainsi aux premières loges du spectacle donné par les pouvoirs publics du royaume, dont l’aval est indispensable pour une prise de participation supérieure à 10 %.
La seule condition suspensive à la réalisation de l’OPA d’Euronext tient à la confirmation par le ministère des Finances norvégien et le régulateur financier du pays, la Finanstilsynet (FSA) de l'aptitude de l'opérateur à exercer (fit and proper). Rappelons que ceci est déjà le cas en France, en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Irlande. Par ailleurs, Euronext peut compter sur le regard avisé de la Commission européenne et de l’Esma, qui suivent la situation de prêt, mais aussi de tous les actionnaires qui se sont d’ores et déjà engagés et qui ne veulent pas que les autorités les privent de leur droit de propriété.
À noter que les autorités norvégiennes devront statuer le 14 mai prochain et bénéficient d’un délai supplémentaire éventuel de 20 jours.
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