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Nasdaq challenge Euronext sur Oslo Bors
Depuis la fin de l’année 2018, la Bourse d’Oslo fait l’objet d’une OPA d’Euronext non sollicitée dont les conditions ont été jugées “étranges” à la fois par la directrice de la place norvégienne que par le président du directoire lui-même Stéphane Boujnah - qui qualifie à raison de “rationnelle” la transaction. Pour mémoire, ce sont directement les actionnaires d’Oslo Bors qui avaient mandaté une banque d’affaires pour conduire des enchères auprès de quelques acteurs, remportés haut la main par l’opérateur boursier paneuropéen.
Euronext déclenchait à la mi-janvier une OPA à 625 millions d’euros, au prix de 145 couronnes par action (14,70 euros), soit une prime de 32 % sur le cours de clôture d’Oslo Bors le 17 décembre 2018, et obtenait alors le soutien de 50,1 % des actionnaires de la place norvégienne. Et si les actionnaires d’Oslo Bors ont engagé un processus de vente indépendamment des directives du conseil - qui avaient vivement recommandé à ses actionnaires de conserver leurs titres en attendant ses recommandations - c’est qu’il y a d’une façon ou d’une autre une perte de confiance entre le board et les porteurs de parts.
Une scission qui se confirme ce matin puisque le groupe Nasdaq a annoncé en tout début de matinée soumettre une offre sur Oslo Bors avec le soutien unanime du conseil d’administration. L'offre de Nasdaq à 152 couronnes norvégiennes par action, qui valorise Oslo Bors à 6,537 milliards de couronnes (environ 673 millions d'euros ou 770 millions de dollars), est supérieure de 5 % à celle d’Euronext. La banque norvégienne DNB, premier actionnaire d'Oslo Bors avec une participation proche de 20 %, a déclaré qu'elle vendrait ses titres à Nasdaq, ainsi que deux autres actionnaires, le fonds de pension KLP et la banque Sparebanken Vest, avec des participations respectives de 10 % et 1,6 %. Ce qui porte le soutien des investisseurs au Nasdaq à 31,6 %, soit un taux bien inférieur à ce que les actionnaires ont manifesté pour Euronext.
Mais au-delà du support du conseil, le Nasdaq possède un autre avantage comparatif, celui de contrôler toutes les autres bourses nordiques et baltes avec la Bourse de Londres LSE qui pourrait d’ailleurs également faire partie des intéressés. La bataille est loin d’être finie, d’autant que toute prise de participation supérieure à 10 % dans la Bourse est conditionnée à l’aval des autorités, qui ont dans le passé déjà repoussé les avances d’Euronext et du Nasdaq.
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