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Stéphane Boujnah / Euronext / Nasdaq / bme / Oslo
Le nouveau combat de Stéphane Boujnah
Au mois de mai dernier, Euronext remportait par son agilité et son audace le combat pour la Bourse d'Oslo après s'être confronté au géant Nasdaq. L'indice paneuropéen avait su sécuriser plus de la moitié du capital de la Bourse norvégienne et obtenait l'aval de l'Autorité norvégienne de surveillance financière mais surtout, profitait d'une déconvenue réglementaire défavorable à Nasdaq qui, étant propriétaire des Bourses de Stockholm, Copenhague et Helsinki, devait obtenir un agrément antitrust supplémentaire.
Le Groupe, présidé par Stéphane Boujnah, poursuit ses désirs d'expansion, puisqu'il a confirmé hier être actuellement en pourparlers avec le Conseil d'administration de la Bourse de Madrid, Bolsas y Mercados Espanoles (BME), en vue d'une offre éventuelle de rachat, comme vous l'annonçait en exclusivité la rédaction de WanSquare il y a près de deux semaines. Mais comme pour Oslo Bors, Euronext n'est pas seul au guichet. En effet, SIX Group, le propriétaire de la Bourse suisse propose désormais d'acheter la BME pour 2,843 milliards d'euros, dans le but de repousser l'approche concurrente de la principale place boursière de la zone euro.
Plus en détail, SIX Group propose une offre de 34 euros par action, soit une prime de 44% par rapport au cours moyen de la cible au cours des trois derniers mois. L'offre sera soumise à un niveau minimum d'acceptation d'au moins 50% plus une action du capital social de BME, à l'autorisation de la transaction ou à la non-opposition de la Commission nationale espagnole des marchés et de la Concurrence, mais aussi de la Commission espagnole des Bourses. En plus de l'autorisation du gouvernement hispanique. Soit les mêmes étapes par lesquelles devra passer Euronext.
Pour l'instant, la Bourse espagnole a déclaré qu'elle avait soutenu les engagements pris par SIX Group auprès des autorités espagnoles pour maintenir les cotations de BME, utiliser Madrid comme plate-forme pour ses activités européennes et donner à BME un "degré suffisant d'indépendance" vis-à-vis de SIX. "Une combinaison avec BME apportera des avantages directs et immédiats aux parties prenantes de nos deux institutions à un moment où la consolidation de l'infrastructure des marchés financiers mondiaux s'accélère", a déclaré Romeo Lacher, président de SIX. Si la Bourse espagnole a soutenu les engagements de SIX, ce n'est pas qu'elle ne soutient pas ceux d'Euronext. En fait, à ce stade, seule SIX Group a fait une offre claire de rachat à BME, ce qu'Euronext ne devrait pas tarder à faire.
Cette nouvelle bataille dont l'issue est encore incertaine à ce stade, intervient dans un contexte où la rentabilité des opérateurs est compressée par la faible volatilité des marchés et par la concurrence féroce dans la négociation des actions. En se rapprochant, les Bourses espèrent des synergies de coûts bien sûr, et la captation de nouveaux marchés. A ce sujet, la Bourse de Londres est en train de finaliser le rachat du fournisseur réfèrent de données et d'infrastructures sur les marchés financiers Refinitiv pour pas moins de 27 milliards d'euros, ce qui avait d’ailleurs fini par faire fuir la Bourse hongkongaise HKSE après qu'elle avait lancé une première offre non sollicitée sur le London Stock Exchange.
D'autres bruits couraient selon lesquels, Euronext, qui détient les principales Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Dublin et Oslo, serait aussi en discussions avec la Bourse de Milan pour une potentielle offre de rachat. Euronext dément formellement la rumeur.
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