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La nouvelle tentative de casser les GAFA
Depuis de longs mois maintenant, les politiques américains répètent à l’envie que les géants de la tech que sont les GAFA sont devenus trop puissants et doivent être régulés. Mais vendredi, c’est la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qui s’est également portée candidate à l’élection présidentielle de 2020, qui a formulé les propositions les plus précises en ce sens.
Dans un post sur le site Medium intitulé "Il est temps de casser Amazon, Google et Facebook", elle dresse un état des lieux du secteur, avant de faire ses propositions pour l’encadrer. Elle commence par prendre l’exemple de Microsoft, contre lequel le gouvernement a exercé une action antitrust dans les années 90, ce qui a permis de casser ce monopole. Et expose, chiffres à l’appui, la même situation de domination créée par les géants US de la tech aujourd’hui. "Près de 50 % du e-commerce global passe par Amazon. Plus de 70 % du trafic Internet passe par des sites détenus ou opérés par Google ou Facebook".
Et d’argumenter que ces mastodontes ont utilisé ce pouvoir pour "écraser les petites entreprises et l’innovation", et cela par deux moyens. D’une part, via des M&A comme le rachat de Whatsapp et Instagram par Facebook, ou celle de Waze par Google par exemple. D’autre part, en utilisant leur plateforme pour réduire à néant la concurrence, comme lorsqu’Amazon copie puis vend des produits sous sa marque à prix bradés. Des actes qui ont déjà produit leurs effets puisque selon Elizabeth Warren, le nombre de start-up tech baisse à vue d’œil et "les premiers tours de table tech ont chuté de 22 % depuis 2012".
Si bien qu’Elizabeth Warren, connue pour ses positions très agressives envers Wall Street, lance deux propositions pour mettre fin à ces excès. En premier lieu, les entreprises qui opèrent des plateformes ou des places de marché entre tiers et générant plus de 25 milliards de dollars de revenus, seraient appelées "fournisseurs de plateformes" ("platform utilities"). Elles seraient ainsi interdites de détenir la plateforme mais aussi les participants de cette plateforme. Elles seraient aussi tenues de respecter des relations justes, raisonnables et non-discriminantes avec les utilisateurs. Elles n’auraient pas le droit de transférer ou partager des données avec des parties tierces". Avec en jeu des amendes pouvant aller jusqu’à 5 % des revenus annuels.
Ensuite, la femme politique souhaiterait nommer des régulateurs s’engageant à renverser des fusions tech illégales ou anti-concurrence. Et cite par exemple les rachats de Whole Foods et Zappos par Amazon, Whatsapp et Instagram par Facebook, ou encore Waze, Nest et DoubleClick par Google. Et de conclure que ces étapes permettront aux entreprises tech de garantir des services favorables aux clients, tout en promouvant l’innovation et la saine concurrence.
Si elle n’a pas citée Apple, la firme de Cupertino serait aussi concernée par ces réformes. Les géants de la tech ont déjà été condamnés en justice pour leurs abus, et sont sous le coup d’actions en justice des deux côtés de l’Atlantique. La sénatrice démocrate a en tout cas permis de relancer le débat avec des propositions juridiques concrètes, ce qui promet des débats intenses sur le sujet en vue des élections de 2020.
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