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Élections US : Joe Biden, chouchou des patrons, a le vent en poupe
Si Donald Trump s’est entouré de grandes figures du private equity pour le conseiller comme le patron de Blackstone, Steve Schwarzman, la classe d’actifs lui préfère son concurrent pour la prochaine échéance électorale. Selon le Center for Responsive Politics, le private equity a donné plus de 21 millions de dollars à sa campagne et des fonds de soutien (les fameux Super-PAC), soit un montant supérieur à ce qu’ils avaient alloué à Hillary Clinton, et bien plus que les 3,6 millions de dollars donnés à Donald Trump et ses super-PAC. Ironie de la situation, le vice-chairman exécutif de Blackstone, Tony James, soutient le candidat démocrate et a même organisé une levée de fonds en sa faveur la semaine passée. Une position qui pourrait paraître surprenante, dans la mesure où Joe Biden a affirmé qu’il comptait aligner la taxation des carried interests sur celle des revenus ordinaires, et mène une campagne plutôt ancrée à gauche.
Au-delà du non coté, d’autres milliardaires ont abondé la campagne de Joe Biden ces derniers mois. Du côté de la tech, le patron de Netflix, Reed Hastings, qui soutenait Pete Buttigieg pendant les primaires, s’est rallié au démocrate et a commencé ses dons en mars. Mais aussi Lauren Powell Jobs, la veuve de Steve Jobs, Steven Spielberg et sa femme, l’ancien Président de Google Eric Schmidt, ou encore l’ancienne dirigeante de HP et patronne de Quilbi, Meg Whitman.
Dans un environnement très difficile lié à la pandémie mondiale, Joe Biden a sécurisé sa victoire aux primaires démocrates, mais pas seulement. Car selon les derniers sondages, il a pris une sérieuse avance sur l’actuel Président dans la prochaine course à la Maison Blanche, en particulier dans les États clés, les fameux "swing states" qui ont offert sa victoire à Donald Trump en 2016. Selon un sondage NewYork Times/Siena, Joe Biden a un avantage de 14 points sur son adversaire au plan national, à 50 % contre 36 %. Selon le même sondage, dans les six États clés que sont le Wisconsin, le Michigan, la Pennsylvanie, la Floride, l’Arizona et la Caroline du Nord, le candidat démocrate affiche une avance de 6 à 11 points. Pour rappel, Joe Biden remporterait aisément l’élection avec ces 6 Etats pivots, et même dans la plupart des cas, trois de ces six Etats suffiraient.
Pourquoi un tel renversement de situation alors qu’avant la pandémie, la cote de popularité de Donald Trump continuait à bénéficier d’une période inédite d’expansion économique ? En premier lieu, la gestion de la crise du coronavirus : 55 % des citoyens des Etats clés jugent que la priorité du gouvernement doit être d’enrayer la propagation du virus, même si cela pénalise l’économie. Ce qui est à l’opposé du discours de Donald Trump, et des réouvertures rapides des Etats, qui causent l’arrivée d’une deuxième vague. Ensuite, le sujet de la justice criminelle, après l’avènement du mouvement Black Lives Matter contre les violences racistes policières. 63 % des sondés préfèrent que l’on traite la cause de ces manifestations, plutôt que de punir les débordements. A l’inverse, encore une fois, de la position prise par le Président sur le sujet.
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