Macro-économie / Taux / croissance / PIB / Chine / charbon / Immobilier / Evergrande
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La croissance chinoise continue de décélérer
En dehors des périodes de fortes propagations du virus, le plus bas niveau de croissance enregistré en Chine est celui du troisième trimestre 2021. En effet, sur un an, la croissance a freiné sérieusement pour tomber à 4,9 %. Elle était de 7,9 % au deuxième trimestre 2021 et de 18,3 % entre janvier et mars. Les estimations avaient bien prévu cette décélération, mais tablaient plutôt sur 5,2 %. Par rapport au précédent, le troisième trimestre enregistre une croissance de 0,2 %. C’est un rythme bien inférieur à celui des trois mois précédents (1,3 %).
Le tassement de la croissance économique s’explique principalement par deux phénomènes : la crise de l’immobilier et les pénuries d’électricité qui perturbent les chaînes d’approvisionnement. Le marché de l’immobilier chinois est fragilisé par les déboires du mastodonte Evergrande dont les dettes s’établissent à 260 milliards d’euros. Or, ce secteur est un moteur de la croissance chinoise : il représente 29 % du PIB. Une faillite de la société pourrait bien provoquer une crise financière. Certains redoutent un scénario à la Lehman Brothers, même si la dissémination du risque est loin d'être aussi généralisée dans le monde qu'au moment de la grande crise financière de 2007-09. Reste que le poids d'Evergrande dans l'économie chinoise est très important. Or, il a déjà manqué trois séries de paiements d’intérêts sur ses obligations en dollars.
Pour l’instant, le gouvernement chinois ne montre pas de signes qui pourraient être interprétés comme une main tendue. Ce serait d'ailleurs un peu paradoxal, alors qu'il avait durci le ton et adopté une série de mesures envers les promoteurs immobiliers pour réduire les inégalités, résorber un endettement excessif et obliger les entreprises à suivre davantage la ligne du parti. Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a cependant écarté toute retombée négative pour l’Europe : "Comme je vous l’ai dit pour le moment, nous assistons à un impact et à une exposition centrés sur la Chine. Je ne peux pas parler pour les États-Unis mais je peux dire pour l’Europe que son exposition directe est limitée", a-t-elle déclaré la semaine dernière. Selon Oddo BHF, les problèmes d'Evergrande et d'autres promoteurs mettent en exergue le déséquilibre fondamental sur lequel repose la croissance chinoise. Trop d'investissements sont financés par de la dette.
En août 2021, malgré des carnets de commandes remplis, l’activité industrielle manufacturière chinoise s’est contractée (indice PMI de 48,9 contre 52,4 en juillet). La cause, les pannes de courant. Celles-ci résultent de la forte hausse du coût des matières premières et en particulier du charbon, dont l’empire du Milieu est très dépendant pour alimenter ses centrales électriques. En effet, en 2019, le charbon représentait 57,6 % du mix énergétique chinois. Malgré la flambée des prix du charbon, les prix de vente du kW restent encadrés par l’État. Alors, les centrales produisent moins pour limiter les pertes d’argent. L'électricité est donc rationnée dans les usines qui fonctionnent au ralenti. En septembre, la production industrielle n'a progressé que de 3,1 % seulement sur un an, contre 5,3 % en août.
En réaction au ralentissement de la croissance chinoise, le secteur du luxe s'inscrit en baisse sur les marchés. Hermès, Kering et LVMH cèdent entre 1,9 % et 2,7 %. Le secteur des spiritueux, également très exposé à la Chine, suit le mouvement à l'image de Pernod Ricard (-1,27 %) et de Rémy Cointreau (-2,3 %).
Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance d’au moins 6 % pour 2021, tandis que le Fonds monétaire international prévoit plutôt une augmentation de 8 %.
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