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L'économie mondiale croîtra en dessous de 3% en 2020 selon l'OCDE
L'économie mondiale ne devrait finalement pas rebondir l'an prochain ni véritablement en 2021, toujours refroidie par les tensions commerciales, le Brexit et le ralentissement chinois. Face à ces risques, qui devraient persister, l'OCDE appelle les États à agir. Contrairement à ce qu'elle indiquait encore en septembre, l'institution internationale basée à Paris estime que la croissance de l'économie mondiale n'atteindra pas 3% l'an prochain, mais devrait rester sur le rythme de 2,9%, soit la croissance attendue pour cette année. Ainsi, même si l'organisation voit une légère reprise en 2021 avec une progression de 3% du PIB mondial, elle note que "ces taux de croissance sont les plus bas depuis la crise financière", et alerte sur un "risque de stagnation à long terme". Ce risque serait le fruit "des changements structurels non pris en compte (par les États) plus qu'un éventuel choc cyclique", explique l'OCDE. Sont évoqués, le changement climatique, l'impact du numérique, et un nouvel ordre géopolitique et du commerce mondial depuis la fin des années 1990, marqué par un renforcement des barrières commerciales.
"En l'absence de politique claire en ce qui concerne ces quatre sujets, l'incertitude continuera de peser lourd, pénalisant les perspectives de croissance", prévoit-elle. "Ce serait une erreur politique de considérer ces changements comme des facteurs temporaires qui pourraient être traités par la politique monétaire ou fiscale: ils sont structurels", prévient l'institution, tout en admettant que l'action des banques centrales, avec en particulier la baisse des taux d'intérêt et la mise en place de programme de rachat d'actifs a soutenu l'économie mondiale ces dernières années. "Il y a beaucoup de choses que les gouvernements peuvent faire (...) et c'est le moment", a affirmé Laurence Boone, chef économiste de l'institution.
Effectivement, l'OCDE le serine depuis plusieurs mois à l'instar d'autres institutions internationales comme le Fonds monétaire international ou encore de praticiens de la politique monétaire comme Mario Draghi puisqu'elle a remis en exergue l'absence de complémentarité à l'œuvre entre politiques monétaires et budgétaires. Aussi, elle a de nouveau appelé plus de pays à mener des politiques budgétaires ambitieuses pour stimuler l'investissement de long terme en profitant des taux d'intérêt qui se situent à un niveau très faible, voire négatif. Cela pourrait notamment passer par la création de fonds nationaux d'investissements comme celui de 50 milliards d'euros qu'envisagent de lancer les Pays-Bas début 2020 - il serait destiné à financer de futurs projets d’infrastructures et des études pour assurer la transition technologique des Pays-Bas, notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle. Concrètement, l'OCDE estime qu'une combinaison de politiques économiques visant à stimuler la productivité, à accroître l'investissement accompagnées d'une politique monétaire accommodante lorsque cela est possible permettrait de relever la croissance mondiale de plus d'un point de pourcentage d'ici deux ans, et à long terme.
L'OCDE appelle aussi les pays à mettre fin à leurs différends commerciaux. C'est évidemment la Chine et les États-Unis qui sont visés. De fait, les mesures respectives prises cette année par les deux mastodontes économiques devraient réduire de 0,3 à 0,4 point la croissance mondiale en 2020, et entre 0,2 et 0,3 point en 2021. Les deux principaux concernés vont, sans surprise, en pâtir. Les États-Unis devraient croître de 2,3% cette année, puis à 2% en 2020 et 2021, et ce malgré les mesures de soutien prises au niveau fédéral - des subventions aux agriculteurs, entre autres. Du côté de l'Empire du Milieu, le ralentissement se poursuit avec une progression du PIB attendue à 6,2% cette année, avant de passer sous la barre des 6% l'an prochain - à 5,7% - et en 2021 - 5,5%. La zone euro est aussi pénalisée par les tensions commerciales, auxquelles s'ajoute le Brexit. Ainsi, si la France continue de résister avec une croissance attendue à 1,2% en 2020 et 2021, après 1,3% cette année, l'économie allemande devrait, elle, ralentir plus que prévu l'an prochain - à 0,4% - avant de repartir en 2021 pour atteindre 0,9%.
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