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Pétrole : la hausse de trop pour l'économie mondiale ?

Macro-économie / Taux / pétrole / Arabie saoudite / Economie mondiale

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Pétrole : le choc de trop pour l'économie mondiale ?

Une attaque d’une ampleur sans précédent a frappé samedi dernier deux des plus importants sites pétroliers d’Arabie Saoudite. Quelles conséquences pour l’économie mondiale ?
Puits de pétrole
Puits de pétrole

Le prix du pétrole est à 68 dollars ce matin en raison d’une attaque contre les infrastructures pétrolières de l’Arabie saoudite qui ont réduit de plus de la moitié la production du pays. Cette flambée soudaine aurait difficilement pu se produire à un moment plus inopportun pour l’économie mondiale. Le secteur manufacturier est en pleine déconfiture dans le monde, le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine est loin d’être résolu et certaines grandes économies comme l’Allemagne et l’Italie sont au bord de la récession.

Une augmentation soutenue des prix du pétrole serait une mauvaise nouvelle pour la croissance mondiale. Elle pourrait lui nuire considérablement si cette hausse durait plus de quelques mois. Cela dépendra en partie de la vitesse à laquelle l’Arabie Saoudite parvient à retrouver des capacités de production décentes. Certains pays sont plus exposés que d'autres et les tensions géopolitiques grandissantes résultant de l'attaque ne feront qu'ajouter aux incertitudes qui pèsent déjà sur l'investissement mondial.

Cette hausse va évidemment impacter négativement le pouvoir d’achat des ménages, pas dans les mêmes proportions que la hausse du baril en raison des nombreuses taxes, mais une baisse du pouvoir d’achat tout de même significative. Lors d’une hausse de 10 euros du prix du baril, l’inflation accélère de 30 points de base en zone euro. La perte de pouvoir d'achat pour les ménages européens devrait être du même ordre (-0,3 %). C’est peut-être l’étincelle qui mettra le feu aux poudres de l'économie allemande qui jusqu'à présent se tient au bord du gouffre de la récession.

Il faut cependant prendre en compte que la consommation et la croissance européennes sont bien moins intensives en pétrole que par le passé, et dans des économies de plus en plus dépendantes du secteur des services et de moins en moins de celui de l'industrie, les effets de ce choc d'offre de prix du pétrole devraient être plus faibles que par le passé. Les pays les plus touchés seront les gros importateurs de pétrole qui sont peu à même de faire face à une hausse des prix même temporaire en raison de leurs difficultés à juguler une inflation déjà galopante ; l'on pense évidemment à des pays comme la Turquie ou l'Argentine.

Il sera intéressant d’observer la réaction des banques centrales des économies avancées si cette hausse venait à durer. En théorie elles ne devraient pas réagir car les mouvements sur le prix du pétrole ne disent rien de la dynamique des prix à moyen terme. Or, les mouvements de fond des prix sont ce à quoi s'intéressent les banques centrales en priorité. D'autre part, il se peut qu'ironiquement cette hausse des prix du pétrole ait plus d'impact sur l'inflation que tout ce qu'essaie de mettre en place la Banque centrale européenne pour la raviver depuis le tout premier Quantitative easing de l'année 2015.

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