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Ipsos ne dévie pas de sa stratégie / La création de valeur profite aussi aux collaborateurs
Ipsos a donné rendez-vous à ses investisseurs mercredi. L’occasion, pour son équipe dirigeante, de faire un point d’étape stratégique et de revenir sur une année 2023 dont l’institut de sondages et d’études de marché aura tiré parti, cela malgré un environnement de marché qui ne lui était pas pleinement acquis. En cause, la fin des grands contrats de Covid-19 et les difficultés de ses grands clients technologiques, qui n’avaient pas joué en faveur de sa croissance au début de l’exercice. L’atterrissage aura finalement été soigné, grâce à de multiples zones d’activités géographiques et des audiences variées.
Ipsos a aussi gardé le cap sur sa feuille de route à l’horizon 2025, dont la croissance externe fait partie des piliers. "Nous avons conclu dix acquisitions au fil de l’année 2023 et sur le début de l’année 2024, en ligne sur notre stratégie", a rappelé Jean-Michel Mabon, le responsable M&A du groupe. Quatre dans le domaine des affaires publiques, trois dans celui de la technologie, une du côté de la santé et deux autres dans des secteurs plus variés. La dernière en date ? Il y a quelques semaines, en Inde, pour faire entrer Crownit dans son giron, un spécialiste de la collecte de données mobiles. "Cela permet d’accéder à des cibles plus difficiles et variées sur le marché indien, où tout le monde n’est pas connecté sur les canaux digitaux traditionnels mais plutôt sur le mobile", a expliqué Jean-Michel Mabon.
Si certains marchés, différents types de services ou l’expansion technologique sont plus particulièrement visés sur le plan des acquisitions, Ipsos se réserve aussi d’en réaliser de manière plus opportuniste. Au total, ces dix opérations devraient permettre au groupe dirigé par Ben Page de générer 60 millions d’euros de revenus additionnels au cours de l’année 2024. Une année qui a d’ailleurs débuté sous de bons auspices, comme la direction l’avait prédit lors de la présentation des résultats annuels d’Ipsos. "Nous observons un momentum favorable", a souligné le directeur financier du groupe, Dan Lévy.
Créer de la croissance et de la valeur
De fait, au titre du premier trimestre de 2024, la croissance organique d’Ipsos s’est élevée à 4,5 % sur un an. Ce sont essentiellement les zones Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) et l’Asie Pacifique qui en auront été les moteurs, avec une accélération de l’activité se situant à plus de 9 %. Les activités du groupe à destination des consommateurs ont aussi tiré leur épingle du jeu, tandis que certains nouveaux services ont été particulièrement dynamiques. C’est notamment le cas d’Ipsos Digital, une plateforme numérique offrant un accès direct et entièrement automatisé aux solutions d’Ipsos, qui a vu son activité s’envoler de près de 30 % au premier trimestre de 2024.
"En revanche, la situation aux États-Unis est plus contrastée", a pointé Dan Lévy. En amont des élections présidentielles, certains clients se montrent plus attentistes et notamment dans le domaine des affaires publiques, le tout dégradant également le climat des affaires. "Notre business lié à la santé fait aussi face à des vents contraires [outre-Atlantique], en raison de restructurations et de licenciements dans le secteur pharmaceutique et de la diminution de l’approbation de médicaments par les autorités américaines", a poursuivi le directeur financier. À cela s’ajoute également une faible visibilité macroéconomique en Chine.
Mais pas de quoi faire dévier le groupe de ses objectifs annuels, soit ceux d’une croissance organique supérieure à 4 % et d’une marge opérationnelle se situant aux alentours de 13 %. À moyen terme, l’objectif sera qu’elle atteigne 15 %. Pour ce faire, le groupe compte aussi sur certains moteurs puissants de profitabilité : la récolte de données en ligne (dont la part a d’ailleurs grimpé de plus de 10 % entre 2019 et 2023, à 66 %), la simplification des opérations grâce à des plateformes allant de la récolte des données à leur rapport, ou l’intelligence artificielle. Enfin, un meilleur business mix.
Depuis la dernière journée réservée aux investisseurs d’Ipsos, en juin dernier, la création de valeur pour les actionnaires du pensionnaire de l’Euro Stoxx 600 aura aussi répondu à l’appel. Dans l’intervalle, le prix de l’action s’est accru de près de 30 %, autour de 65 euros. "Il a été à ses plus hauts niveaux au cours des dernières semaines et des derniers mois", s’est félicité Dan Lévy. Le dividende a quant à lui été fixé à 1,65 euro par action au titre de l’exercice 2023, contre 90 centimes d’euro en 2020. Et ceci alors que le groupe souhaite inclure davantage de ses cadres dans son actionnariat. Preuve en est, à la veille de sa journée investisseurs, Ipsos annonçait le succès de l’opération "Ipsos Partnership 2024".
Explications
Ipsos Partners est une structure d’investissement dédiée aux cadres dirigeants et supérieurs du groupe. Elle détenait, à fin 2023, une participation de 19 % dans DT & Partners, l’actionnaire de référence de l’entreprise. Didier Truchot, son président et fondateur, possède quant à lui le reste du capital de DT & Partners. Au cours de cette nouvelle opération, 330 cadres de l’entreprise ont investi 18 millions d’euros dans Ipsos Partners. Cela permettra au véhicule de racheter les parts des managers ayant quitté l’entreprise depuis 2018 et de se renforcer au capital de DT & Partners.
En conséquence, Ipsos Partners détiendra 21 % de DT & Partners. L’actionnaire de référence du groupe, qui a également racheté des titres sur les marchés, possèdera 11,4 % des parts de l’entreprise et 19,2 % des droits de vote. L’alliance formée par DT & Partners, Didier Truchot et Laurence Stoclet, l’ancienne directrice générale déléguée du groupe et désormais administratrice, aura 12,3 % du capital de l’entreprise et 20,7 % de ses droits de vote entre ses mains.
"Nous faisons en sorte que davantage de nos cadres supérieurs détiennent une plus ample participation personnelle dans Ipsos. Nous avons l’intention de leur donner cette opportunité tous les deux ans. C’est essentiel, car le succès d’Ipsos dépend de l’alignement entre nos investisseurs et nos collaborateurs", a conclu Ben Page.
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