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La consolidation de la gestion d'actifs est dans le sens de l'histoire / Axa et BNP Paribas y réfléchissent ensemble
La question d’un rapprochement des actifs de gestion d’actifs d’Axa a refait surface cette semaine après que Bloomberg a rapporté jeudi qu’Axa IM et BNP Paribas AM seraient en discussion pour mettre leurs forces en commun dans un domaine où les deux institutionnels français font figure d’acteurs de second rang derrière les géants américains. A bonne distance également d'Amundi (contrôlé par Crédit Agricole), dixième gestionnaire d'actifs mondial avec ses 2 116 milliards d'euros sous gestion au premier trimestre, quand le leader mondial BlackRock dépasse les 10 000 milliards de dollars.
Ni Axa ni BNP Paribas n’ont confirmé l’information, mais l’hypothèse évoquée par Bloomberg ne surprend pas dans la mesure où le sujet n’est pas nouveau. Axa avait déjà sérieusement envisagé en 2017 marier sa filiale Axa Investment Managers (IM) avec Natixis IM avant de faire machine arrière.
La consolidation du secteur va dans le sens de l’histoire à l’heure de l’essor de la gestion passive et de la pression sur les commissions. "À première vue, un rapprochement est logique, car nous pensons que les gestionnaires d'actifs du monde entier continueront probablement à se consolider pour augmenter leur taille afin de bénéficier d'économies d'échelle, alors que les marges et les flux de revenus continuent à subir des pressions structurelles", observe ainsi Sharath Kumar, analyste chez Deutsche Bank.
En additionnant les 858 milliards d’euros d’actifs sous gestion d’Axa IM à fin mars avec les 562 milliards d’euros de BNP Paribas, les actifs sous gestion combinés des deux gestionnaires d'actifs s'élèveraient à environ 1 400 milliards d'euros, ce qui en ferait le quatrième gestionnaire d'actifs traditionnel en Europe.
Et ce, alors que "les deux entités ne sont probablement pas assez rentables aux yeux de leur direction", observe le cabinet Octo Finances. Axa IM gère en effet majoritairement les fonds issus de sa maison-mère (56% du total) peu margés, avec une croissance modérée des encours venant de tiers, tandis que BNP Paribas ne donne pas de données détaillées sur sa gestion d’actifs, englobée dans la Gestion Institutionnelle et Privée (GIP).
En termes de résultats, les analystes d’UBS estiment que les bénéfices sous-jacents d'Axa IM devraient s'élever à environ 400 millions d'euros cette année, tandis que ceux de BNP Paribas devraient s’établir autour de 300 millions d'euros. "La logique d'un rapprochement potentiel serait d'extraire des synergies de coûts permettant d'abaisser le ratio coûts/revenus et peut-être de modestes synergies de revenus", estiment-ils.
La question est de savoir selon quel schéma un tel rapprochement pourrait prendre forme, sachant que c’est la perte potentielle du contrôle de sa filiale de gestion au profit de Natixis qui avait conduit Axa à ne pas donner suite en 2017. Difficile encore une fois d’imaginer l’assureur se défaire de cette activité dont Thomas Buberl, le directeur général, a réaffirmé cette année le statut de "pilier clé" dans le cadre du nouveau plan stratégique du groupe. Le scénario d’une coentreprise serait donc a privilégier si les discussions venaient à aboutir.
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