Levées de fonds / Eurazeo
Levées de fonds
Eurazeo
Le premier fonds infra de transition d’Eurazeo fait recette / Closing final à plus de 700 millions d’euros
Pour une première, la réussite a été au rendez-vous. L’attrait suscité par le premier fonds inaugural de la stratégie d’infrastructure de transition d’Eurazeo s’est avéré plus important qu’escompté. Composé du fonds Eurazeo Transition Infrastructure Fund - ETIF - et d’un véhicule de co-investissement, ce tout premier programme lancé par la firme sur cette thématique vient de boucler son closing final à 706 millions d’euros d’engagements cumulés.
Le montant dépasse de plus de 40 % la cible initiale qui avait été fixée à 500 millions d’euros. La performance est d’autant plus satisfaisante que la levée s’est faite plutôt rapidement, sur 20 mois en tout, sachant que 420 millions d’euros avait été déjà recueillis l’an dernier au moment du deuxième closing. Soit un délai plutôt court eu égard au contexte de levée de fonds difficile qui prévaut depuis deux ans sous les effets conjugués de l’inflation, de la hausse des taux d’intérêt et de l’effet dénominateur sur les portefeuilles des investisseurs LPs (limited partners).
En réalité, on peut même dire qu’elle a été bouclée sur 18 mois soit "un an de fundraising, plus une extension de six mois", explique Laurent Chatelin, Partner au sein de l’équipe infrastructure d’Eurazeo, la rallonge de deux mois supplémentaires étant liée à des raisons purement techniques, afin de permettre aux derniers investisseurs d’entrer dans le fonds.
Beaucoup d’investisseurs allemands, et des américains
Des investisseurs aux profils divers. "Cela témoigne aussi de la puissance de cette levée de fonds, nous avons un paysage d’investisseurs très diversifié d’un point de vue géographique", poursuit Laurent Chatelin. Outre 15 % abondés par Eurazeo, 25 % des capitaux proviennent d’investisseurs français, 50 % d’investisseurs européens, et 10 % d’investisseurs américains. Parmi les investisseurs européens, il y a notamment beaucoup d’allemands. "L’Allemagne est un grand pays d’investisseurs d’infrastructures, très sensibles à l’impact ", ajoute-t-il.
Ce tout premier programme d’Eurazeo dédié à l’infrastructure de transition est en effet classé "Article 9" au sens de la réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), étant axé sur la transition vers une économie soutenable, durable et bas-carbone. Une partie du carried-interest de l’équipe de gestion est même liée à la réalisation d’objectifs environnementaux. Si bien qu'"il y a plusieurs fonds de fonds article 9 qui ont investi dans notre fonds", précise le Partner d’Eurazeo.
A ce jour, le fonds a alloué environ 60 % du capital levé à un portefeuille de six entreprises opérant des infrastructures de transition, mais dans des secteurs différents. "C’est un point important, nous sommes focalisés dans nos investissements sur ce thème de la décarbonation mais avec une stratégie assez diversifiée", souligne Laurent Chatelin.
Des investissements variés
Une stratégie qui peut ainsi toucher à l’énergie d’origine photovoltaïque, comme la société belge Ikaros Solar spécialisée dans les installations solaires en toiture, ou la société française TSE, experte en développement photovoltaïque et agrivoltaïque. Un domaine en plein essor depuis "la loi de mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables [qui] a autorisé la production d’électricité d’origine solaire photovoltaïque en zone agricole", explique le Partner.
Le véhicule a également réalisé deux investissements liés au secteur du traitement des déchets : dans la joint-venture danoise Resource qui exploite une usine de tri de déchets plastiques au Danemark, et la société 2BSI, acteur de la valorisation et de la gestion de déchets opérant sur des marchés de niche (comme la valorisation de poteaux et traverses en béton).
Le fonds a aussi investi dans l’opérateur de centres de données de proximité Etix Everywhere, et bien sûr dans l’opérateur paneuropéen de bornes de recharge rapide pour véhicules électriques Electra. Eurazeo avait conduit le premier tour de table de la société en juin 2022, puis participé à la seconde levée de plus de 300 millions d’euros intervenue en janvier 2024.
Et l’équipe du fonds ne s’interdit pas de diversifier davantage encore son champ d’action. "Il y a beaucoup d’autres secteurs dans lesquels on peut investir, comme par exemple le biogaz, le SAF (sustainable aviation fuel), dans le stockage de l’énergie, dans la biochimie, ou l’IOT (internet des objects). Notre mandat est assez large, l’objectif étant d’investir dans des technologies et des sociétés qui réduisent les impacts environnementaux des infrastructures assurant des services essentiels afin de rendre ces services soutenables sur le long terme", indique Laurent Chatelin. Et ce, toujours en investissant des tickets allant de 50, à 100 millions d’euros, voire plus avec leur véhicule de co-investissement.
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