Publications, Résultats / Lagardère
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Lagardère
Lagardère porté par ses activités de commerce en zone de transport / Le groupe est confiant pour le reste de l'année
Les six premiers mois de l’année 2024 ont été marqués, pour le groupe Lagardère, par des évènements de gouvernance à la suite de la démission de son président-directeur général Arnaud Lagardère en avril dernier. Mais c’est finalement de nouveau installé à ce poste, que ce dernier a présenté les résultats semestriels de l'entreprise qui porte son nom. De fait, le 28 juin, la filiale de Vivendi faisait savoir qu’en raison de la levée partielle de la mesure d’interdiction de gérer qui avait été prononcée à l’encontre de son patron, contre laquelle il avait fait appel, Arnaud Lagardère avait repris la présidence-direction générale du groupe.
Et force est de constater qu’au titre du premier semestre de 2024, la dynamique de croissance de Lagardère aura bien répondu à l’appel. Son chiffre d’affaires a progressé de 10,1 % en données comparables sur un an, à 4,2 milliards d’euros. Une croissance liée notamment à celle de Lagardère Travel Retail, son activité de commerce en zone de transport, qui a enregistré 2,7 milliards d’euros de ventes. Cela correspond à une hausse de 18 % en données publiées et de 13,5 % en données comparables, l’écart entre les deux s’expliquant par un effet de périmètre positif lié aux trois acquisitions de Tastes on the Fly, Marché International et Costa Coffee Pologne.
Des zones mieux loties que d’autres
L’activité a été particulièrement soutenue en France, où elle a grimpé de 18,1 % sur un an : une progression à mettre en relation avec le succès de la joint-venture Extime Duty Free Paris avec le groupe ADP, ainsi qu’aux modernisations et autres initiatives commerciales. Et en dehors de l’Hexagone, le reste de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique a même fait mieux. C’est en effet une croissance de près de 22 % qui a été réalisée en EMEA, soutenue par des performances en Roumanie (grâce à l’ouverture de la concession Duty Free à l’aéroport de Bucarest), au Royaume-Uni (du fait du développement des activités Duty Free sur les ferries) ou encore en Italie (en raison du dynamisme de l’aéroport Fiumicino à Rome). Point négatif, néanmoins, du côté de l’Asie-Pacifique. En cause, une baisse de l’activité en Chine, due à une conjoncture économique défavorable et la rationalisation du réseau, qui a eu raison de la croissance de ventes. Elles s’affichent de ce fait en recul de 17,4 % en Asie-Pacifique.
Le reste des activités de Lagardère n’a également pas démérité. Lagardère Publishing, son activité d'édition qui comprend notamment Hachette Livre, a vu son chiffre d’affaires progresser de 4,5 % en données comparables sur un an, à 1,3 milliard d’euros. C’est en France que l’activité a marqué le pas, à hauteur de 0,7 %, en raison d’un niveau d’activité en retrait pour les éditeurs scolaires. À l’inverse, certains succès commerciaux auront permis au Royaume-Uni ou aux États-Unis d’afficher des taux de croissance de respectivement 8,4 % et 7,7 %. Enfin, les autres activités du groupe ont vu leur chiffre d’affaires se stabiliser en données comparables, oscillant entre les bonnes performances des salles de spectacle et de Lagardère Radio, du fait de la forte hausse des audiences d’Europe 1, et le recul de l’activité de presse du groupe, en raison d’une baisse des revenus publicitaires.
La cession de Paris Match sur les rails
Tout cela mis bout à bout, entre performances solides, économies et un mix de ventes favorables pour Lagardère Publishing, le groupe a signé un niveau de résultat opérationnel des sociétés intégrées (Résop) record, à hauteur de 212 millions d’euros. Cela représente une hausse de plus de 50 % sur un an. Néanmoins, le résultat net, part du groupe, a reculé pour s’établir dans le rouge à hauteur de 20 millions d’euros, contre un bénéfice de 45 millions d’euros l’an passé. En cause, entre autres, certaines charges de restructuration de 18 millions d’euros, dont une partie serait liée à la rationalisation des surfaces immobilières du groupe et à l’engagement de frais dédiés à l’intégration de Lagardère dans le groupe Vivendi.
Dans un contexte géopolitique et macroéconomique incertain, le groupe assure cependant demeurer "confiant dans sa capacité à maintenir un niveau élevé de résultats". "Ces [derniers] confirment, trimestre après trimestre, la pertinence et le succès de notre modèle stratégique", a quant à lui commenté Arnaud Lagardère. Lagardère Publishing devrait ainsi maintenir des performances similaires à celles de 2023, tandis que grâce à un trafic aérien mondial soutenu et en dépit des tensions géopolitiques et des incertitudes quant à la reprise du tourisme chinois à l’international, Lagardère Travel Retail devrait disposer d’un potentiel de croissance de son chiffre d’affaires et de sa rentabilité. À noter, enfin, que le projet de cession du titre Paris Match à LVMH pourrait accélérer rapidement. Lagardère rappelle en effet que les négociations exclusives avec le groupe de Bernard Arnault se poursuivent - sur la base d’une valeur d’entreprise de 120 millions d’euros - et qu’une éventuelle signature d’accords définitifs, sous réserve de la finalisation de ces négociations, pourrait intervenir à la fin du mois de juillet. "Ce projet de cession est par ailleurs soumis à l’approbation des autorités de concurrence compétentes et pourrait être réalisé, le cas échéant, fin septembre 2024", ajoute le groupe.
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