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Macro-économie / Taux / Kristalina Georgieva / Fonds monétaire international

Macro-économie / Taux
Kristalina Georgieva / Fonds monétaire international

La patronne du FMI sonne l’alarme sur une croissance mondiale durablement maigre / Elle craint une hausse des inégalités

Alors que les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 sont réunis cette semaine à Rio de Janeiro, Kristalina Georgieva alerte sur les retombées qu’entraînerait une période prolongée de croissance faible (3,3 % en 2025 soit 0,5 point en dessous de la moyenne depuis 2000). La Bulgare a en tête la montée des inégalités de revenus.
Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international - Celal GüneÅŸ / ANADOLU / Anadolu via AFP
Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international - Celal GüneÅŸ / ANADOLU / Anadolu via AFP

Kristalina Georgieva voit le verre à moitié-plein concernant la croissance mondiale. Dans un contexte où les ministres des Finances (Bruno Le Maire n’est pas présent mais il y a une délégation française) et les gouverneurs des banques centrales du G20 se réunissent à Rio de Janeiro, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) en profite pour témoigner de son inquiétude sur la situation économique mondiale. Certes, elle souligne que l’économie mondiale a fait preuve d’une résilience encourageante face aux chocs qui se sont succédé. “Le monde n’a pas sombré dans la récession, contrairement à ce que certains avaient prédit lorsque les banques centrales ont un peu partout augmenté leurs taux d’intérêt pour contenir l’inflation”, affirme la Bulgare.

Pour mémoire, le FMI prévoit que la hausse du Produit intérieur brut (PIB) planétaire devrait atteindre 3,2 % cette année et 3,3 % en 2025. Des chiffres qui sont toutefois significativement inférieurs à la moyenne de 3,8 % enregistrée entre le début du siècle et la pandémie. “Parallèlement à cela, nos projections de croissance à moyen terme continuent de stagner à leur plus bas niveau depuis des décennies”, fait remarquer Kristalina Georgieva, qui estime indispensable d’empêcher le monde de vivre “une période prolongée de croissance anémique qui enracine la pauvreté et les inégalités".

Des travaux menés par les économistes du FMI dans le cadre de la préparation du G20 montrent que les périodes de stagnation d’une durée de quatre ans ou plus ont tendance à accroître de près de 20 % les inégalités de revenus au sein des pays, soit une hausse considérablement plus élevée que dans le cas d’une récession pure et simple. "En période de stagnation, la lenteur de la création d’emplois et de la croissance des salaires accroît le chômage structurel et réduit la part des revenus revenant aux travailleurs. Ces forces, associées à une marge de manœuvre budgétaire limitée, tendent à creuser l’écart entre ceux qui se situent en haut et en bas de l’échelle des revenus", explique Kristalina Georgieva, qui indique qu’il est donc opportun que "le Brésil ait fait de la lutte contre la faim, la pauvreté et les inégalités une priorité alors qu’il assure la présidence du G20".

La dirigeante voit trois priorités sur le plan de la politique économique. Alors que le ralentissement tendanciel de la croissance est provoqué par celui des gains de productivité, elle plaide, en vue de lutter contre cet écueil, pour mettre en place des mesures visant "à promouvoir la concurrence et à améliorer l’accès au financement", ce qui pourrait permettre une "circulation plus efficace des ressources". En outre, "l’intégration d’un plus grand nombre de personnes sur le marché du travail, notamment de femmes, pourrait neutraliser l’effet négatif qu’a le vieillissement de la population sur la croissance", juge-t-elle.

Par ailleurs, "nous devons nous employer à faire en sorte que les politiques budgétaires soutiennent les membres les plus vulnérables de la société", fait-elle valoir. Un conseil plutôt difficile à mettre en application alors que dans les pays en développement, les charges d’intérêts représentent une part croissante des recettes fiscales et c’est sans compter les investissements nécessaires dans les infrastructures ainsi que les dépenses liées à l’adaptation au changement climatique.

Pour autant, "les pays en développement disposent d’une grande marge de manœuvre pour accroître leurs recettes grâce aux réformes fiscales (jusqu’à 9 % du PIB selon nos recherches)", rétorque-t-elle. "Il est pourtant crucial d’adopter une approche progressive, en s’assurant que ceux qui peuvent se permettre de payer plus d’impôts apportent une juste contribution. L’impôt sur les revenus du capital et sur le patrimoine, par exemple, offre un moyen relativement progressif de générer davantage de recettes fiscales", estime-t-elle.

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