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BNP Paribas va acquérir Axa Investment Managers / Virage stratégique pour Axa, nouvelle taille critique pour BNP

Axa est entré en négociations exclusives avec BNP Paribas afin de lui céder son gestionnaire d’actifs Axa IM, pour une valeur d’entreprise de 5,4 milliards d’euros. L’opération donnera naissance à un nouvel ensemble fort de 1 500 milliards d’euros d’actifs, permettant à BNP Paribas d’acquérir une taille critique et de se hisser parmi les leaders européens de la gestion d’actifs. Elle acte la stratégie d’Axa visant à simplifier son modèle d’activité et à se concentrer sur ses activités d’assurance. Le manque à gagner sur ses résultats lié à la cession sera compensé par un important programme de rachat d’actions.
Thomas Buberl, le directeur général d'Axa, et Jean-Laurent Bonnafé, son homologue de BNP Paribas - AFP
Thomas Buberl, le directeur général d'Axa, et Jean-Laurent Bonnafé, son homologue de BNP Paribas - AFP

Les rumeurs étaient fondées. Axa et BNP Paribas ont bel et bien décidé de mettre en commun leurs forces dans la gestion d’actifs. C’est en plein cœur de l’été que les deux groupes ont dévoilé leur projet jeudi soir, en même temps qu’Axa présentait ses comptes semestriels, l’événement ayant d’ailleurs conduit l’assureur à légèrement avancer sa publication. BNP Paribas va racheter AXA Investment Managers (AXA IM), le gestionnaire d’actifs d’AXA, dans le cadre d’une opération de 5,1 milliards d’euros, auquel s’ajoutera pour Axa 300 millions d’euros issus de la cession préalable de sa filiale Select à Axa IM. Les négociations exclusives entamées en ce sens par les deux protagonistes visent à donner naissance à un acteur européen de la gestion d’actifs de premier plan, avec des actifs sous gestion totalisant 1 500 milliards d’euros.

Car c’est bien une question de taille qui les a conduit dans cette voie. D’acteurs de second rang, AXA IM et BNP Paribas AM, qui figurent loin derrière les géants américains du secteur, et à bonne distance également d’Amundi (contrôlé par Crédit Agricole) et de ses plus de 2 100 milliards d’euros sous gestion, vont changer de dimension. Au prix pour Axa d’une décision stratégie importante : celle de son désengagement du segment de la gestion d’actifs, qui était loin de couler de source puisqu’Axa avait déjà sérieusement envisagé en 2017 marier sa filiale Axa IM (avec Natixis IM) avant de faire machine arrière face à l’idée de perdre le contrôle d’une activité créée en 1994, après la fusion avec l’UAP, et qui "est au cœur de notre métier", comme aimait à le souligner Henri de Castries, qui a dirigé le groupe de 2000 à 2016.

 

Passage à l’échelle

 

"La consolidation qui s’accélère dans le secteur de la gestion d’actifs nécessite un passage à l’échelle pour rester compétitif. Cela nous a encouragé à étudier plusieurs scénarios afin de permettre le développement de l’entreprise en unissant ses forces avec BNP Paribas, qui est l’un des leaders européens du secteur bancaire et avec qui nous partageons les mêmes valeurs", a justifié Frédéric de Courtois, directeur général adjoint du groupe, en charge de la Finance, des Opérations, de la Stratégie, des Risques, de la Souscription, lors d’une conférence de presse téléphonique. Dans le cadre de la transaction, AXA et BNP Paribas concluraient donc également un accord stratégique de long terme par lequel BNP Paribas fournirait des services de gestion d’investissement à AXA.

Pour Axa, la décision de se désengager du secteur de la gestion d’actifs s’inscrit dans sa stratégie visant à simplifier son modèle d’activité et à se concentrer sur ses activités d’assurance. Le partenariat envisagé est d’ailleurs voué à renforcer les activités Vie, Epargne et Retraite, dont les clients vont bénéficier d’un accès à une plus vaste gamme de classes d’actifs.

Ce virage constitue "un événement majeur", soulignent à cet égard les analystes d’UBS. Quant à l’aspect financier, "le prix obtenu pour la cession est bien supérieur à notre estimation", observent-ils. Le produit total de l'opération de 5,4 milliards d’euros va générer pour Axa une plus-value de cession de 2,2 milliards d’euros. Mais il va falloir compenser la baisse du résultat opérationnel, estimée à 400 millions d’euros par an, liée à la sortie de cette activité de son périmètre. Seule solution : le rachat d’actions, pratique dont l’assureur est devenu un fervent utilisateur depuis quelques années. Axa chiffre à 3,8 milliards d’euros le montant du programme de rachat d’actions qu’il compte lancer immédiatement après la clôture de la transaction envisagée, attendue pour le deuxième trimestre 2025.

 

Rachats d’actions "mécaniques"

 

"Ces rachats d’actions sont mécaniques", a expliqué vendredi Thomas Buberl, le directeur général d’Axa, rappelant que le plan stratégique "Unlock the Future", dévoilé en début d’année, visait une croissance du résultat opérationnel par action de 6 % à 8 % par an. Sans compenser la perte de résultat par la réduction du nombre de ses actions, Axa n’atteindrait pas les objectifs de son plan, or "il faut tenir sa parole", a souligné le dirigeant. "C’est pourquoi ce rachat d’action est un rachat mécanique qui est inférieur au prix que la BNP va payer, il va donc nous rester des moyens pour réinvestir et réorienter nos moyens dans l’assurance", a-t-il ajouté.

De son côté, BNP Paribas poursuit ses emplettes depuis la vente au début de 2023 de son ex-filiale américaine Bank of the West pour 16 milliards de dollars, opération qui avait considérablement augmenté son trésor de guerre. Le coût du rachat d’AXA IM sera limité à 25 points de base sur son ratio de solvabilité CET 1, qui était de 13 % à fin juin.

En outre, l’opération s’annonce rapidement créative de valeur, la banque visant un retour sur capital investi "supérieur à 18 %", "dès la troisième année". Et elle va lui permettre d’acquérir dans la gestion d’actifs une taille plus conforme à son statut de première banque de la zone Euro. En particulier, le nouvel ensemble deviendrait le leader européen de la gestion d’épargne longue pour les assurances et les fonds de pension avec 850 milliards d’euros d’actifs. "Bénéficiant de la taille critique tant dans les actifs cotés que privés, il servirait d’autant plus efficacement ses clients assureurs, fonds de pension, réseaux bancaires et distributeurs", a souligné Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas.

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