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Feuilleton de l'été / Amina Lamloum / KKR

Feuilleton de l'été
Amina Lamloum / KKR

exclusif Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain / Amina Lamloum, directrice Private Equity, région EMEA chez KKR

EXCLUSIF. Le monde économique en général et les parcours entrepreneuriaux ont toujours exercé un fort attrait sur Amina Lamloum. Formée à Dauphine et à la London School of Economics, passée par la Deutsche Bank et Eurazeo, celle qui est aujourd'hui directrice Private Equity pour la région EMEA chez KKR, est à la fois très à l’aise avec la culture anglo-saxonne des affaires et très attachée au tissu économique français. Mettre l'agilité et les ressources globales considérables de l’un des plus grands fonds d'investissement mondiaux au service d’une approche hexagonale constitue pour elle la formule idéale.
Amina Lamloum, directrice Private Equity, région EMEA chez KKR
Amina Lamloum, directrice Private Equity, région EMEA chez KKR

Bien avant Christine Lagarde à la BCE, Amina Lamloum a dirigé une banque centrale, créée par elle-même… à l’école primaire. "Une sorte de mini banque centrale qui émettait une monnaie fictive" dont elle et ses camarades d’école se servaient pour commercer à la récréation : "je faisais des photocopies de magazines de mes parents que je revendais", raconte celle qui, à 34 ans, a rejoint les rangs des directeurs Private Equity pour la région EMEA (Europe-Middle East-Africa) au bureau parisien de KKR.

Un goût très précoce pour l’entrepreneuriat accompagné "très tôt d’une passion pour tout ce qui est économique", qu’elle alimente de documentaires ou de lectures diverses, se nourrissant aussi de l’effervescence qu’elle perçoit du monde juridique et des affaires de sa mère avocate.

"Je me suis toujours beaucoup intéressée à la façon dont se créent les réussites, comment les entrepreneurs et les fondateurs d’entreprises partent souvent d’une idée encore inaboutie, apprennent de leurs échecs et rebondissent. Encore aujourd'hui, j'adore écouter des podcasts qui racontent ces parcours", confie Amina Lamloum.

C’est pourtant sous l’angle théorique et non pratique qu’elle va d’abord vouloir aborder le monde financier. "Je voulais comprendre l'ordre économique, pouvoir analyser les différentes approches, plus ou moins libérales, et leur conséquences sur le fonctionnement de la société", explique-t-elle. D’où le choix de Dauphine au moment de se lancer dans les études. A l’origine, elle imaginait d’ailleurs davantage sa carrière dans le champ des politiques publiques ou des grandes institutions économiques.

 

Deutsche Bank

 

Mais de premiers stages au sein de ces grandes institutions lui font comprendre que l’on peut avoir les idées les plus brillantes ou être animé(e) des meilleurs desseins, l’environnement bureaucratique peut générer une certaine frustration au moment de faire avancer les choses.

Sa décision est prise de se rapprocher de l’économie réelle. Tout commence en 2012, lors d’un stage chez Deutsche Bank en banque d’investissement, en ECM (Equity Capital Markets). "C’est là que j'ai vraiment découvert vraiment le tissu économique, des entreprises de toutes tailles, cotées ou non, les différents secteurs, les enjeux stratégiques, et bien sûr capitalistiques des sociétés", une expérience plus que probante à l’issue de laquelle Deutsche Bank lui propose de l’embaucher.

Une offre qu’elle va provisoirement refuser afin de pouvoir compléter son parcours à la London School of Economics, poussée par sa deuxième passion, celle du monde anglo-saxon. "Je baigne dans la culture française, mais je me sens davantage proche de la culture anglo-saxonne dans le champ économique", explique Amina Amloum, l’entrepreneuriat et l’esprit d’initiative y étant davantage encouragés, et l’échec moins stigmatisé.

 

Le private equity

 

Après quoi elle rejoint donc Deutsche Bank à Londres en 2013, en tant qu’analyste ECM, avec pour rôle principal s’accompagner les entreprises dans leurs introductions en Bourse, à un moment où eu les IPO de sociétés détenues par des fonds de private equity connaissent un boom.

Ce tout premier contact avec le private equity agit d’ailleurs comme un révélateur. La jeune analyste se lie naturellement de passion pour le projet des entreprises qu’elle amène en Bourse et sent un profond désir de continuer à les accompagner. Pour la première fois, elle côtoie de très près ces fonds d’investissements qui ont pour nom Eurazeo ou KKR, dont la connexion avec les dirigeants des sociétés l’impressionne : "ils se parlaient comme s’ils se connaissaient depuis toujours, avec un très fort alignement d’intérêts, et un alignement des cerveaux incroyable ".

Après un an de plus chez Deutsche Bank, cette fois-ci en tant qu’analyste M&A, elle saute le pas et rejoint l’équipe d’Eurazeo pour la zone EMEA, avec laquelle elle a ressenti "un vrai ‘fit’". Elle y passe presque cinq ans, durant lesquels elle accompagne, entre autres, le rachat en 2017 du producteur espagnol d’arômes et de parfums Iberchem (revendu en 2020), une opération "épique de bout en bout ", se rappelle-t-elle. Ou encore celui en 2016 du spécialiste des solutions pharmaceutiques et ingrédients de spécialités Sequens (recédé en 2021).

 

Ambition française

 

C’est en 2020 qu’elle rejoint KKR, à un moment charnière. La troisième plus grande société de capital investissement au monde venait tout juste, un an auparavant, de décider d’accélérer ses investissements en France. Quelques années plus tôt, Amina s’était occupée, pour le compte de la firme américaine, de l’introduction en Bourse de Tarkett alors qu’elle évoluait chez Deutsche Bank.

"J’ai vu une véritable opportunité entrepreneuriale au sein d'une société d’investissement de dimension mondiale offrant des possibilités immenses, et j’ai ressenti une vraie ambition pour le marché français. J'aime le fait de pouvoir garder cet ancrage local très fort au tissu économique français, aux spécificités françaises", explique la trentenaire.

Cela fait un peu plus de quatre ans qu’elle s’y épanouit pleinement. Notamment parce qu’elle a pu renouer avec un aspect de la culture anglo-saxonne qu’elle affectionne. "Je dispose d’énormément d’autonomie", souligne-t-elle.

Et ce, tandis que KKR lui offre la possibilité d’exercer son métier d’une façon particulièrement stimulante. Les quelque 580 milliards de dollars d’actifs que gère le fonds américain lui confèrent nécessairement certains atouts d’échelle, dont elle est heureuse d’exploiter le potentiel. Notamment une flexibilité bien utile en termes de stratégies d’investissement ou de tickets d’entrée, qui favorise le dialogue avec les dirigeants, les familles actionnaires. Et permet de se différencier sur un marché français du private equity très concurrentiel.

 

Le parfait duo

 

Comme lors du rachat du courtier en assurances April Group. Elle-même n’avait jamais conduit d’opération dans ce secteur très spécifique, contrairement à KKR, qui y avait déjà réalisé une quinzaine d’investissements. "C’est toute la beauté de travailler dans cet environnement, j’ai pu capitaliser sur cette connaissance tout en la traduisant et en l’adaptant au marché français", explique la directrice private equity. Et offrir à l’équipe dirigeante d’April, menée par Eric Maumy, l’horizon de long terme qui lui convenait le mieux.

Soit le meilleur des deux mondes. "Pouvoir bénéficier de ressources globales tout en menant une approche locale, c’est pour moi le duo parfait", poursuit-elle. Car qui dit grande taille, dit ressources considérables. Chez KKR, "il y a de la ressource et de la connaissance à chaque étage", résume Amina Lamloum, que ce soit en matière de financements, d’affaires publiques, ou d’analyse macroéconomique. Avec l’appui d’une couverture géographique mondiale, KKR disposant de huit bureaux rien qu’en Europe.

"L'ensemble des moyens mis à disposition sont franchement impressionnants. Je n’en ai toujours pas fait le tour au bout de quatre ans", ajoute celle dont les passions ne se limitent cependant pas au private equity. Et dont la sensibilité vers l’art (et les treize années de danse classique) la conduisent à assister autant qu’elle le peut à des ballets, quand elle ne se rend pas à des expositions d’architecture contemporaine.

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