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Legrand se fixe un nouveau cap pour 2030 / La croissance externe va demeurer clé pour élargir son marché
Chez Legrand, la stratégie se suffit à elle-même, sans recourir à des noms de plans à consonance anglo-saxonne évoquant la performance. Trois ans après la précédente, le groupe dirigé par Benoit Coquart organisait mardi une journée investisseurs, à Londres. L’occasion pour le spécialiste des infrastructures électriques de mesurer le travail accompli, de réaffirmer les piliers de son modèle stratégique, et de se fixer des objectifs à horizon 2030.
A cette échéance, l’entreprise prévoit ainsi de réaliser un chiffre d'affaires compris entre 12 milliards et 15 milliards d'euros, à comparer aux 8,4 milliards d’euros de 2023. Cela va donc supposer de réaliser une croissance des ventes (hors effets de change) comprise entre 6% et 10% en moyenne annuelle sur la période.
Pour ce faire, Legrand compte tout autant sur la croissance organique que sur la croissance externe, chacune devant représenter une progression comprise entre 3% à 5%. D’ailleurs, si cela fait longtemps que les acquisitions ciblées dites "bolt-on" sont inhérentes à la stratégie de Legrand, leur rythme s’est accéléré cette année avec déjà sept opérations réalisées, dont quatre dans le domaine stratégique et porteur des datacenters.
Marge opérationnelle de 20%
En termes de rentabilité, Legrand vise pour 2030 une marge opérationnelle ajustée moyenne d'environ 20% du chiffre d'affaires, "comprenant 30 à 50 points de base d'amélioration annuelle organique et 30 à 50 points de base de dilution annuelle venant des acquisitions". Et le groupe prévoit également une génération de cash-flow libre de près de 10 milliards d'euros cumulés sur la période 2025-2030.
Ces objectifs assez semblables à ceux fixés il y a trois ans ne doivent pas constituer une déception. Leur atteinte constituera de toute façon une performance compte tenu du marché du bâtiment difficile sur lequel le groupe évolue. "Si l'on exclut les centres de données, notre marché est resté stable et a baissé en volume" au cours de ces dernières années, a indiqué mardi Benoit Coquart. Une morosité dont le groupe parvient à s’affranchir grâce à l’accent porté depuis plusieurs années déjà sur ses segments à plus forte croissance que sont, outre les datacenters, les produits d’efficacité énergétique et les produits connectés.
Et cette approche n’a pas vocation à changer. "Ces segments à croissance rapide représentaient l'année dernière, en 2023, 36% de notre chiffre d'affaires, et les centres de données […] 15 % de notre chiffre d'affaires", a souligné mardi Benoit Coquart. "En consolidant les quatre nouvelles acquisitions faites cette année, ces 15% sont probablement devenus plus proches de 17%", a-t-il ajouté.
5 milliards d'euros dédiés aux acquisitions
"Ce que nous essayons de faire, c'est de maintenir, de renforcer les forces traditionnelles de Legrand et d'ajouter quelques spécificités", a également expliqué le dirigeant. Ce qui se traduit donc par l'élargissement progressif de son marché adressable, passé de 110 milliards d’euros en 2019, à 130 milliards d’euros aujourd’hui, essentiellement grâce à la croissance externe.
"Il est vraiment important d'avoir cela à l'esprit, parce que cela fait partie du modèle Legrand, de façon régulière, chaque année, ou tous les deux ans, d’ajouter de nouveaux segments de marché qui vont représenter un ou deux ou trois milliards d’euros et de progressivement élargir notre marché", a ainsi insisté le directeur général de Legrand.
C’est pourquoi la politique d'allocation du capital fera la part belle aux acquisitions entre 2025 et 2030, avec au moins 50% du cash-flow libre qui leur sera dédié en moyenne. Soit environ 5 milliards d'euros qui seront ainsi consacrés aux acquisitions de sociétés venant compléter le dispositif produits et géographique du groupe.
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